Le 23 septembre 2025, l’OCDE a publié son rapport intermédiaire sur l’économie mondiale. Au-delà de la révision haussière des prévisions de croissance, l’organisation a placé la question migratoire au centre du débat. Selon ses experts, la capacité à accueillir et à intégrer des travailleurs qualifiés pèsera lourd dans les performances économiques des prochaines années.
Immigration et croissance : un lien de plus en plus visible
En annonçant une croissance mondiale de 3,2 % pour 2025, contre 2,9 % en juin, l’OCDE a surpris par son optimisme prudent. Mais elle a surtout souligné que ce résultat tenait aussi à des facteurs humains. Pour l’économiste en chef de l’organisation, Alvaro Pereira, « Continuer à attirer des personnes hautement qualifiées des États-Unis ou du monde entier est un atout crucial pour l’économie américaine, et cela ne fera que s’accentuer avec l’essor de l’IA », relaye BFMTV.
Autrement dit, la croissance n’est pas seulement affaire de politiques budgétaires ou de commerce international. Elle dépend aussi du renouvellement de la main-d’œuvre et de la capacité des pays à bénéficier des compétences venues d’ailleurs. Dans un contexte où les innovations technologiques accélèrent, les économies ouvertes à l’immigration semblent mieux armées pour profiter de la transition.
Les États-Unis fragilisés par le recul migratoire
L’OCDE s’inquiète du ralentissement de la croissance américaine, prévue à seulement 1,8 % en 2025 et 1,5 % en 2026. Ce repli s’explique en partie par les hausses de droits de douane, qui ont atteint un taux effectif de 19,5 % fin août. Mais il découle aussi d’un facteur démographique et migratoire. « Il y a manifestement moins de croissance de la main-d’œuvre, ce qui aura évidemment un impact sur le PIB américain », a rappelé Alvaro Pereira alors que Donald Trump a serré la vis sur les titres de séjour pour les travailleurs.
La politique de restriction migratoire affaiblit donc directement la croissance. En réduisant l’arrivée de travailleurs qualifiés, les États-Unis limitent leur capacité d’innovation et freinent l’expansion de secteurs stratégiques. L’OCDE met ainsi en garde contre une vision purement protectionniste, qui risque de peser durablement sur l’économie américaine.
L’Europe et la Chine : des trajectoires divergentes
La zone euro, déjà pénalisée par une démographie atone, n’afficherait que 1,2 % de croissance en 2025, puis 1,0 % en 2026 (OCDE, 23 septembre 2025). La France, confrontée à des difficultés structurelles, tombe même à 0,6 %. La Chine, à l’inverse, continue d’afficher un rythme supérieur à la moyenne mondiale, avec 4,9 % en 2025 puis 4,4 % en 2026. Mais ce modèle repose moins sur l’immigration que sur la réallocation interne de ressources. À long terme, Pékin devra elle aussi composer avec un ralentissement démographique et des besoins de main-d’œuvre dans les secteurs innovants.
En reliant immigration et croissance, l’OCDE propose une lecture globale : le dynamisme économique dépend autant des politiques migratoires que des taux d’intérêt ou des accords commerciaux. Le message est clair : une croissance mondiale soutenue ne pourra se maintenir sans politiques favorables à l’immigration.












