Inégalités : pourquoi une femme perd 393 000 euros sur une vie

Les inégalités entre femmes et hommes représentent près de 393 000 euros de perte sur une vie entière. Un écart massif, cumulatif, et encore loin d’être résorbé.

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Inégalités : pourquoi une femme perd 393 000 euros sur une vie © www.nlto.fr

Le 5 mars 2026, une étude d’Allianz Research remet au centre du débat les inégalités économiques entre les sexes. En France, une femme née en 2000 peut espérer gagner en moyenne 393 000 euros de moins qu’un homme sur l’ensemble de sa vie. Derrière ce chiffre spectaculaire, c’est toute la mécanique des inégalités qui apparaît. Travail, carrière, épargne, retraite : l’écart se construit à chaque étape, dans un système où les déséquilibres persistent malgré des progrès réels.

Des inégalités massives entre femme et homme sur toute une vie

Le constat est sans appel. L’écart de revenus ne se limite pas à la période active. Il s’étend sur toute la trajectoire économique. « Pour la génération née en 2000, cela signifie qu’une femme de 26 ans aujourd’hui peut s’attendre à percevoir en moyenne environ 393 000 euros de moins sur l’ensemble de sa vie », a expliqué Ludovic Subran, économiste chez Allianz. Ce montant agrège l’ensemble des revenus perçus au cours de la vie. Salaires, gains financiers, pensions de retraite. Autrement dit, il reflète une inégalité globale, structurelle, qui dépasse largement la seule question des rémunérations mensuelles.

Dans le détail, l’écart global reste significatif. Il atteignait 20,5 % pour la génération née en 1975. Il est tombé à 10,5 % pour celle née en 2000. Et il devrait encore se situer autour de 10 % pour la génération 2025, d’après Allianz. « L’écart total de revenus entre les femmes et les hommes s’élève encore à 10 % », souligne Ludovic Subran. La tendance est donc à la réduction. Toutefois, le ralentissement est net. Les gains réalisés au cours des dernières décennies semblent désormais plafonner, ce qui pose la question d’un blocage structurel.

L’inégalité de travail, principale cause de la différence d’argent

Si l’écart est aussi élevé, c’est d’abord en raison du marché du travail. Près de 79 % de la différence totale de revenus sur une vie provient directement des revenus du travail. Concrètement, les femmes gagnent environ 16 % de moins sur l’ensemble de leur vie active. Ce différentiel ne s’explique pas uniquement par des écarts de salaire à poste équivalent. Il résulte surtout de trajectoires professionnelles différentes.

Le temps partiel joue ici un rôle central. En France, environ 25 % des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 7 % des hommes, selon Allianz. Cette différence a des effets immédiats. Moins d’heures travaillées signifie moins de revenus, mais aussi moins d’expérience accumulée et des perspectives d’évolution plus limitées.

À cela s’ajoutent les interruptions de carrière, souvent liées à la parentalité. Elles ralentissent la progression salariale et accentuent les écarts sur le long terme. « Les disparités restent profondément ancrées », observe Ludovic Subran/ Ainsi, l’inégalité ne se joue pas seulement sur le salaire horaire. Elle se construit dans la durée, à travers des choix contraints et des mécanismes sociaux persistants.

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