Le 22 février 2026, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, annonce que la France va convoquer l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner. Motif : des commentaires officiels américains sur la mort de Quentin Deranque, 23 ans, militant d’extrême-droite décédé le 14 février après une agression survenue le 12 février à Lyon. Ce qui aurait pu rester un drame judiciaire national se transforme alors en affaire diplomatique majeure. En toile de fond, une accusation lourde : l’ingérence.
Ingérence : Washington franchit-il une ligne ?
L’élément déclencheur est un message publié par le Bureau du contre-terrorisme du département d’État américain. Selon CBS News, l’administration américaine affirme que « le radicalisme violent de gauche est en hausse et que son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique ». Le même message précise que les États-Unis « continueront à surveiller la situation » et attendent que les responsables soient traduits en justice, toujours selon CBS News. À première vue, une déclaration de principe. En réalité, un acte politique.
Car l’enquête française est en cours. Sept personnes ont été mises en cause, avec des qualifications comprenant homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs. Le processus judiciaire suit son cours. Dans ce contexte, la prise de position américaine ne se contente pas de condamner des violences. Elle inscrit le drame dans une grille de lecture idéologique globale sur l’« extrémisme de gauche ». Elle internationalise une affaire nationale.
Pour Paris, le signal est problématique. Le ministre Jean-Noël Barrot l’exprime clairement : « Nous allons convoquer l’ambassadeur des États-Unis en France, puisque l’ambassade des États-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame (…) qui concerne la communauté nationale », déclare-t-il, cité par HuffPost France. La formule est lourde de sens. Elle signifie que la France considère cette intervention comme déplacée.
La riposte diplomatique française face aux Etats-Unis
La convocation de l’ambassadeur constitue un signal diplomatique codifié, utilisé lorsqu’un État estime qu’une ligne rouge a été franchie. Selon TF1info, Charles Kushner doit être reçu au Quai d’Orsay à 19 heures le lundi 23 février 2026.
Le ministre Jean-Noël Barrot a déclaré que la France n’a « aucune leçon à recevoir, en particulier sur la question de la violence, du mouvement réactionnaire international ». La référence n’est pas anodine. Elle vise explicitement un courant politique transnational dont Washington est perçu comme un relais. Paris ne se contente pas de contester la forme. Elle critique le fond idéologique.
Cette fermeté s’inscrit dans un contexte plus large. Reuters indique que Jean-Noël Barrot compte également évoquer avec l’ambassadeur les sanctions américaines visant Thierry Breton et Nicolas Guillou, considérées à Paris comme des atteintes à l’autonomie européenne. L’affaire Deranque devient ainsi le point de cristallisation d’un malaise plus profond.










Ingérence des Etats-Unis : l’ambassadeur sous pression à Paris