Iran : comment le Golfe a-t-il freiné Donald Trump face à l’option militaire ?

Alors que la tension militaire monte entre Washington et Téhéran, les monarchies du Golfe s’activent dans l’ombre. Craignant un embrasement régional aux conséquences incontrôlables, ces alliés stratégiques des États-Unis multiplient les démarches pour convaincre Donald Trump de renoncer à toute frappe contre l’Iran, privilégiant la dissuasion et la stabilité dans le Golfe.

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Le 15 janvier 2026 marque un tournant diplomatique discret mais déterminant. À cette date précise, l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman intensifient leurs pressions auprès de la Maison-Blanche afin d’éviter une action militaire américaine contre l’Iran. Dans un contexte de rivalités stratégiques, de dépendance énergétique et de risques sécuritaires majeurs, le Golfe se positionne comme un acteur clé pour tempérer la volonté de Donald Trump de frapper l’Iran.

L’Iran au cœur des inquiétudes stratégiques du Golfe face à Donald Trump

La perspective d’une frappe américaine contre l’Iran inquiète profondément les monarchies du Golfe. D’abord, parce que toute escalade militaire aurait des répercussions immédiates sur leur sécurité nationale. Ensuite, parce que l’Iran demeure un voisin incontournable, disposant de capacités balistiques et asymétriques susceptibles de menacer les infrastructures pétrolières et maritimes du Golfe. Ainsi, malgré leurs divergences historiques avec Téhéran, ces États estiment qu’une guerre ouverte serait plus coûteuse qu’un statu quo sous tension.

Les responsables saoudiens ont engagé des « efforts diplomatiques intenses de dernière minute » pour convaincre Donald Trump de « donner une chance à l’Iran de montrer ses bonnes intentions », a déclaré un responsable saoudien cité par La Croix. Par conséquent, le Golfe plaide pour une stratégie de dissuasion et de dialogue, plutôt qu’une démonstration de force militaire contre l’Iran.

Par ailleurs, les capitales du Golfe redoutent que l’Iran, en cas de frappe, active ses réseaux régionaux. Milices alliées, menaces sur le détroit d’Ormuz ou attaques indirectes figurent parmi les scénarios redoutés. Or, près d’un tiers du pétrole mondial transite par cette zone stratégique. Toute perturbation majeure aurait un impact immédiat sur les marchés énergétiques mondiaux, accentuant l’inflation et fragilisant les économies importatrices. Ainsi, en dissuadant Donald Trump de frapper l’Iran, le Golfe défend aussi ses intérêts économiques vitaux.

Donald Trump face aux pressions du Golfe pour éviter une frappe contre l’Iran

La posture de Donald Trump, réputé pour son imprévisibilité stratégique, inquiète particulièrement ses alliés du Golfe. En interne, plusieurs conseillers plaident pour une démonstration de force afin de restaurer la crédibilité américaine face à l’Iran. Toutefois, les dirigeants du Golfe rappellent inlassablement que leurs territoires seraient les premières cibles de représailles iraniennes. Dans ce contexte, ils utilisent leur influence diplomatique et militaire pour infléchir la décision américaine.

Selon un responsable saoudien cité par RTS, Riyad a clairement indiqué à Washington qu’il ne permettrait pas l’utilisation de son espace aérien pour des frappes contre l’Iran. Cette position constitue un signal fort. En effet, sans l’appui logistique des bases et couloirs aériens du Golfe, toute opération militaire américaine contre l’Iran devient plus complexe et politiquement risquée. Ainsi, le Golfe ne se contente pas de paroles, mais agit concrètement pour dissuader Donald Trump.

En parallèle, le Qatar joue un rôle de médiateur discret mais actif. Maintenant des canaux de communication ouverts avec Téhéran, Doha cherche à réduire les tensions et à transmettre des signaux d’apaisement à Washington. Cette diplomatie de l’ombre, souvent sous-estimée, permet de préserver un minimum de confiance entre les parties.

Enfin, Oman, traditionnellement neutre, s’impose une nouvelle fois comme un facilitateur diplomatique. Fort de son expérience passée dans les négociations indirectes entre Washington et Téhéran, Mascate multiplie les messages de prudence. Les autorités omanaises estiment qu’une frappe contre l’Iran renforcerait les éléments les plus radicaux du régime iranien, réduisant toute marge de compromis futur.

Golfe, Iran et États-Unis : une équation militaire et énergétique explosive

Au-delà des considérations diplomatiques, les monarchies du Golfe mettent en avant des données concrètes pour convaincre Donald Trump. L’Iran aurait suspendu environ 800 exécutions de manifestants, un geste interprété par certains comme un signal d’apaisement. Ces chiffres ont été présentés à Washington comme un argument en faveur d’une désescalade. Selon BFM TV, ce geste iranien aurait pesé dans la décision américaine de temporiser.

Sur le plan militaire, les États du Golfe rappellent que l’Iran dispose de capacités de riposte asymétriques significatives. Missiles balistiques, drones armés et forces navales légères constituent un arsenal capable de perturber gravement le trafic maritime dans le Golfe. De plus, les infrastructures énergétiques saoudiennes, déjà ciblées par le passé, restent vulnérables. En conséquence, une frappe américaine contre l’Iran exposerait directement les alliés régionaux de Washington à des attaques en retour.

Par ailleurs, les monarchies du Golfe soulignent l’impact potentiel sur les marchés pétroliers. Une fermeture partielle ou totale du détroit d’Ormuz entraînerait une flambée des prix du baril. Une hausse brutale pourrait atteindre plusieurs dizaines d’euros par baril, affectant durablement l’économie mondiale. Dans ce contexte, le Golfe insiste sur la nécessité de préserver la libre circulation maritime et d’éviter toute action militaire contre l’Iran susceptible de provoquer une crise énergétique globale.

Enfin, les dirigeants du Golfe rappellent à Donald Trump que toute tentative de changement de régime en Iran serait illusoire et dangereuse. Un tel scénario plongerait la région dans une instabilité prolongée, avec des conséquences sécuritaires imprévisibles. Ainsi, en dissuadant Donald Trump de frapper l’Iran, les monarchies du Golfe cherchent à préserver un équilibre fragile, mais jugé préférable à une guerre ouverte.

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