La mort d’Ali Khamenei, le 28 février 2026, a ouvert une crise politique majeure au sommet de la République islamique. Guide suprême de l’Iran depuis 1989, il incarnait l’autorité centrale du régime, disposant du dernier mot sur les grandes orientations politiques, sécuritaires et diplomatiques du pays.
Sa disparition déclenche immédiatement une bataille de succession au cœur des institutions iraniennes. Dans ce contexte sensible, Donald Trump a déclaré que les États-Unis devraient être impliqués dans le choix du futur dirigeant iranien. Une prise de position qui intervient alors que plusieurs figures du régime sont évoquées pour succéder à Khamenei.
Khamenei, pilier politique du régime iranien
Depuis la révolution islamique de 1979, la fonction de guide suprême constitue l’axe central du pouvoir en Iran. Le titulaire de ce poste domine l’architecture institutionnelle de la République islamique, au-dessus du président et du Parlement.
Ali Khamenei occupait cette fonction depuis 1989, succédant au fondateur du régime, Rouhollah Khomeini. Pendant près de trente-sept ans, il a consolidé un système où l’autorité religieuse et politique se confond au sommet de l’État.
Le guide suprême possède notamment le pouvoir de nommer les responsables des institutions clés du pays. Il exerce une influence décisive sur la justice, l’appareil sécuritaire et la politique étrangère. Cette concentration de pouvoirs explique pourquoi sa succession constitue un moment déterminant pour l’avenir politique de l’Iran.
Une succession encadrée par les institutions religieuses
La constitution iranienne prévoit un mécanisme précis pour désigner un nouveau guide suprême. Cette responsabilité revient à l’Assemblée des experts, un organe composé de religieux élus et chargé de choisir le dirigeant de la République islamique.
Dans l’immédiat, un conseil intérimaire assure la continuité du pouvoir. Cette instance comprend notamment le président iranien Massoud Pezeshkian ainsi que le chef du pouvoir judiciaire. Leur mission consiste à gérer la transition jusqu’à la désignation du nouveau guide.
Plusieurs personnalités sont évoquées dans les discussions internes au régime. La succession dépendra d’un équilibre délicat entre les différentes factions du pouvoir iranien, qui tentent chacune de faire valoir leur influence dans le processus de sélection.
Mojtaba Khamenei, un nom qui divise
Parmi les figures évoquées figure Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien guide suprême. Religieux influent au sein du régime, il est régulièrement mentionné depuis plusieurs années dans les spéculations sur la succession.
Son éventuelle nomination susciterait cependant des débats importants au sein de la classe politique iranienne. Certains observateurs y voient le risque d’une transmission du pouvoir à caractère dynastique, ce qui irait à l’encontre du principe théocratique qui fonde la légitimité du régime.
D’autres noms circulent également, notamment celui d’Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique. La décision finale dépendra largement des rapports de force internes au sein du clergé et des institutions politiques.
Donald Trump s’invite dans la succession de Khamenei
La question de la succession du guide suprême dépasse rapidement le cadre de la politique intérieure iranienne. Donald Trump a déclaré que les États-Unis devraient jouer un rôle dans le choix du futur dirigeant.
Le président américain a notamment affirmé que Mojtaba Khamenei « n’est pas acceptable » et qu’il souhaitait voir émerger un dirigeant capable d’apporter « la paix et l’harmonie à l’Iran ». Dans la même interview, il a également déclaré : « Le fils de Khamenei est un poids plume. Je dois être impliqué dans le choix. »
Ces déclarations témoignent d’une volonté de Washington de peser sur l’évolution politique du régime iranien. Elles interviennent dans un contexte de tensions accrues entre l’Iran, les États-Unis et Israël, marqué par des opérations militaires et une forte rivalité géopolitique.
La succession de Khamenei dépasse ainsi la seule question du leadership religieux. Elle s’inscrit dans un moment politique décisif pour la République islamique, alors que l’équilibre du pouvoir interne et les relations internationales de l’Iran pourraient être redéfinis dans les semaines à venir.










