La proposition gouvernementale visant à supprimer deux jours fériés en France a relancé un débat ancien, mais crucial : la France est-elle un pays particulièrement généreux en jours chômés par rapport à ses voisins ? Lorsqu’on examine la situation dans la zone euro et l’Union européenne, les données officielles montrent que la France se situe au contraire dans la partie basse des classements européens.
Onze jours fériés nationaux en France, mais pas plus
Le Code du travail français fixe actuellement le nombre de jours fériés à onze. Ce total inclut les dates les plus emblématiques du calendrier républicain et religieux : le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, le 14 juillet, le 15 août, la Toussaint, le 11 novembre et le 25 décembre, entre autres.
Ce chiffre ne prend pas en compte les deux jours supplémentaires appliqués en Alsace-Moselle (le Vendredi saint et le 26 décembre), qui ne s’appliquent pas au reste du territoire. Il s’agit donc d’un plafond national qui, en l’état, positionne la France sous la moyenne observée dans l’Union européenne.
Dans la zone euro : la France devancée par une majorité d’États membres
En comparant les 20 pays de la zone euro, la France se situe clairement dans la tranche inférieure du classement. Plusieurs de ses voisins directs ou partenaires économiques importants affichent des calendriers plus fournis en jours fériés. L’Autriche accorde 13 jours fériés à ses citoyens, tout comme le Portugal, qui atteint même 15 jours certaines années en tenant compte des fêtes locales intégrées au calendrier national. La Lituanie et la Slovaquie figurent parmi les plus généreux avec 15 jours fériés chômés officiellement reconnus.
L’Italie, la Grèce, Chypre, la Slovénie, Malte ou encore la Finlande dépassent régulièrement les douze ou treize jours. Même l’Espagne, qui répartit les jours entre niveaux national et régional, garantit un minimum de douze jours fériés annuels. Face à ces pays, la France, avec ses onze jours, est dépassée. Elle se retrouve au même niveau que l’Allemagne, dont le nombre de jours varie selon les Länder mais dont la moyenne nationale tourne autour de dix jours. Quant aux Pays-Bas, à l’Irlande et à la Belgique, ils ferment la marche avec neuf jours (pour les deux premiers) et dix pour la Belgique.
Si les deux jours fériés évoqués par François Bayrou venaient à être supprimés, la France tomberait à neuf jours, rejoignant ainsi les Pays-Bas et l’Irlande, et devenant le pays le moins doté de la zone euro à égalité.
Union européenne : une disparité persistante, mais la France toujours en retrait
L’Union européenne dans son ensemble (27 pays) présente une grande diversité de régimes calendaires, mais le constat reste le même : la France n’est pas dans le haut du classement.
La Roumanie et la Bulgarie reconnaissent officiellement 15 jours fériés nationaux chômés. La Croatie accorde également 14 jours à ses travailleurs. La République tchèque en compte 13, tout comme la Lettonie. La Hongrie, selon les années, oscille entre 11 et 13 jours. En Scandinavie, la Suède propose 12 jours, tandis que la Finlande, membre de la zone euro, affiche 13 jours fériés fixes.
À l’opposé, l’Irlande et les Pays-Bas proposent le plus petit nombre de jours avec 9 congés fériés reconnus à l’échelle nationale. La Belgique, malgré son ancrage social fort, en propose 10. Le Danemark, qui n’appartient pas à la zone euro mais fait partie de l’UE, accorde également 10 jours fériés. Le Luxembourg, souvent perçu comme avantageux socialement, se situe à 11 jours, soit au même niveau que la France.
Sur les 27 pays de l’Union européenne, 17 offrent plus de jours fériés que la France. Si la réforme était adoptée, seuls deux pays – les Pays-Bas et l’Irlande – disposeraient d’autant ou moins de jours chômés. En réduisant son total national à 9 jours, la France deviendrait l’un des pays les moins favorables d’Europe en matière de jours fériés.












