Le 22 janvier 2026, Donald Trump a officiellement saisi la justice américaine contre JPMorgan, estimant que la banque avait fermé plusieurs de ses comptes en violation de ses propres règles internes. Selon la plainte, cette décision, intervenue après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, aurait été prise pour des raisons politiques, causant un préjudice financier et réputationnel majeur à l’ancien président des États-Unis.
JPMorgan au cœur de l’attaque judiciaire de Donald Trump
Dès les premières lignes de la plainte, Donald Trump cible directement JPMorgan, qu’il accuse d’avoir cédé à des considérations idéologiques plutôt qu’à des critères financiers objectifs. Selon les documents judiciaires, la banque aurait décidé de rompre ses relations avec plusieurs entités liées à Trump sans justification économique claire, alors même que les comptes concernés étaient actifs depuis de nombreuses années. Ainsi, d’après la plainte, JPMorgan aurait agi dans un contexte de forte pression médiatique et politique, quelques semaines après les événements du Capitole.
Par ailleurs, Donald Trump estime que cette décision constitue une rupture contractuelle déguisée. Selon ses avocats, la fermeture des comptes, intervenue en février 2021 avec un préavis d’environ soixante jours, n’aurait pas respecté les procédures internes habituelles de JPMorgan. Cette chronologie est centrale dans l’argumentation judiciaire, car elle permet à Trump de soutenir que la banque aurait volontairement écourté les délais afin de se désengager rapidement de toute relation avec lui, selon TradingView.
Dans ce contexte, la plainte réclame l’équivalent de près de 4,6 milliards d’euros de dommages et intérêts, conversion faite à partir des 5 milliards de dollars demandés. Ce montant, particulièrement élevé, vise selon l’entourage de Trump à compenser non seulement les pertes financières directes, mais aussi les coûts indirects liés à la recherche de nouveaux partenaires bancaires. Selon Reuters, le dépôt de la plainte a eu lieu devant un tribunal civil du comté de Miami-Dade, un choix de juridiction qui n’est pas anodin dans la stratégie juridique de l’ancien président.
JPMorgan, Jamie Dimon et la défense face aux accusations de justice
Face à ces accusations, JPMorgan et son PDG Jamie Dimon ont adopté une ligne de défense ferme et structurée. La banque affirme que la clôture des comptes ne reposait sur aucune considération politique, mais sur une évaluation des risques juridiques et réglementaires. JPMorgan estime que l’action intentée par Donald Trump « n’a pas de fondement » et s’inscrit davantage dans une stratégie de communication que dans une réelle démarche judiciaire.
De plus, la direction de JPMorgan rappelle que les établissements financiers américains sont soumis à des obligations strictes en matière de conformité, notamment en ce qui concerne la lutte contre le blanchiment et la gestion des risques réputationnels. Dans ce cadre, la banque explique que la décision aurait été prise à la suite d’une analyse interne approfondie, et non en réaction à des opinions politiques. Selon Reuters, JPMorgan insiste sur le fait qu’elle ne ferme pas de comptes pour des motifs idéologiques ou religieux, mais uniquement lorsqu’un risque juridique ou réglementaire est identifié.
Jamie Dimon, personnellement visé par la plainte, est accusé par Donald Trump d’avoir validé, voire encouragé, cette rupture bancaire. Toutefois, selon Boursorama, la banque conteste toute implication directe de son dirigeant dans la gestion opérationnelle des comptes concernés. JPMorgan souligne que les décisions de ce type relèvent de procédures collectives et non d’un arbitrage individuel, un argument destiné à désamorcer la personnalisation du conflit voulue par Trump.
Débat sur la « débankarisation politique »
Au-delà du cas Trump, l’affaire JPMorgan soulève un débat plus large sur la place des banques dans l’arbitrage politique et sociétal. Donald Trump affirme que la fermeture de ses comptes s’inscrit dans un phénomène plus global de « débankarisation politique », par lequel certaines institutions financières refuseraient leurs services à des clients jugés controversés. Selon la plainte, JPMorgan aurait même contribué à une forme de mise à l’écart bancaire, en décourageant d’autres établissements de travailler avec lui, une accusation relayée par Zonebourse.
En conséquence, Trump affirme avoir dû accepter des conditions bancaires moins favorables auprès d’autres institutions, ce qui aurait renchéri ses coûts de financement. Selon le Washington Post, il estime que cette situation a entraîné une « atteinte grave à sa réputation », l’obligeant à justifier auprès de partenaires économiques des décisions qu’il n’avait pas prises. Ce point est central dans l’évaluation du préjudice invoqué, car il vise à démontrer un impact durable sur ses activités commerciales.
Pour JPMorgan, cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par une surveillance accrue des pratiques bancaires aux États-Unis. La banque, première du pays par les actifs, sait que cette procédure judiciaire pourrait créer un précédent. Toutefois, elle rappelle que les établissements financiers disposent du droit de mettre fin à une relation commerciale lorsque celle-ci est jugée incompatible avec leur politique de gestion des risques. JPMorgan estime que céder aux accusations de Trump reviendrait à remettre en cause l’autonomie des banques dans la gestion de leurs portefeuilles clients.








