Justice : comment le Pnaco cible la criminalité organisée

Le Pnaco, nouveau pilier de la justice pénale française, est entré en fonctions début janvier 2026. Pensé pour répondre à l’explosion de la criminalité organisée, ce parquet national spécialisé ambitionne de reprendre la main sur les dossiers les plus complexes, du narcotrafic au blanchiment, en centralisant l’action judiciaire et en renforçant la coordination avec les juridictions locales.

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Le 5 janvier 2026 marque une date clé pour la justice française avec l’entrée en activité du Pnaco, acronyme du Parquet national anti-criminalité organisée. Créé par la loi du 13 juin 2025, ce nouveau parquet s’inscrit dans une stratégie assumée de l’État pour lutter plus efficacement contre la criminalité organisée, alors que les enquêtes liées au trafic de stupéfiants, au blanchiment et aux réseaux structurés saturent déjà les juridictions classiques.

Le Pnaco, un parquet national au cœur de la justice pénale

Le Pnaco, désormais pleinement opérationnel, s’impose comme une réponse structurelle à l’évolution de la criminalité organisée. D’abord, ce parquet national spécialisé est compétent pour les affaires les plus graves et les plus complexes, notamment celles liées au narcotrafic, au blanchiment d’argent, au trafic d’armes ou encore à certaines formes de criminalité transnationale. Ensuite, il fonctionne sur un modèle déjà éprouvé dans la justice française, inspiré du Parquet national financier et du Parquet national antiterroriste, afin de concentrer expertise et moyens.

Par ailleurs, le Pnaco intervient en articulation étroite avec les parquets locaux. Ainsi, lorsqu’un dossier dépasse le cadre territorial ou présente une complexité exceptionnelle, il peut être transféré au parquet national. Selon Le Monde, environ 170 dossiers complexes doivent être repris dès la création du Pnaco. Cette centralisation vise à homogénéiser les réponses pénales face à des réseaux criminels de plus en plus structurés.

Les missions du Pnaco face à la criminalité organisée et au narcotrafic

Au cœur de son action, le Pnaco cible en priorité la criminalité organisée, entendue dans toutes ses dimensions économiques, financières et violentes. Ainsi, le narcotrafic constitue l’un de ses axes majeurs. Selon les estimations reprises par La Dépêche, le trafic de stupéfiants générerait près de 6 milliards d’euros par an en France, un chiffre qui justifie, par conséquent, un traitement judiciaire spécialisé et renforcé.

Le Pnaco a également vocation à lutter contre le blanchiment d’argent, indispensable au fonctionnement des organisations criminelles. En coordonnant les enquêtes financières et judiciaires, ce parquet national cherche à frapper les réseaux au portefeuille, tout en facilitant les saisies et confiscations. À cet égard, Gérald Darmanin a déclaré que « le point de bascule, ce sera le jour où l’État aura peur car il n’est plus capable de juger les narcotrafiquants », selon Nice-Matin.

Une organisation renforcée pour une justice plus efficace

Sur le plan organisationnel, le Pnaco débute son activité avec une équipe resserrée mais spécialisée. Selon Le Monde, seize magistrats composent initialement ce parquet national, tous dédiés aux affaires de criminalité organisée. Ce choix traduit une volonté de qualité plutôt que de quantité, avec des magistrats rompus aux dossiers longs et techniquement complexes.

À la tête du Pnaco, Vanessa Perrée a été nommée procureure de la République anti-criminalité organisée. D’après Le Monde du Droit, son mandat est limité à sept ans, conformément aux règles encadrant les parquets nationaux spécialisés. Cette durée vise, d’une part, à garantir l’indépendance fonctionnelle du parquet et, d’autre part, à prévenir toute personnalisation excessive de l’institution.

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