La CGT claque la porte du conclave des retraites : et maintenant ?

Lors de son intervention devant le Sénat cette semaine, François Bayrou, Premier ministre, a réaffirmé que « revenir à 62 ans n’est pas une option économiquement viable ».

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Le conclave sur la réforme des retraites traverse une nouvelle crise. La CGT, troisième organisation à se retirer après Force Ouvrière et l’U2P, a annoncé son départ des négociations. Ce retrait, décidé à l’issue d’une consultation interne, reflète des divergences profondes avec le gouvernement, notamment sur l’âge de départ à la retraite.

Un nouveau départ qui fragilise les concertations sur les retraites

Le 19 mars 2025, la Confédération générale du travail (CGT) a annoncé son retrait du conclave des retraites, un cycle de concertations initié en janvier par le gouvernement. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, a officialisé cette décision lors du journal de 20 heures sur France 2, déclarant que « le Premier ministre et le patronat ont définitivement enterré ce conclave ».

Cette annonce intervient après une consultation interne au sein de la CGT, confirmant le désaccord de la centrale avec le cadre et les orientations de ces discussions. Le principal point de blocage concerne le refus du gouvernement de revenir à un âge légal de départ à 62 ans, une revendication centrale pour plusieurs syndicats.

Avant la CGT, Force Ouvrière (FO) avait déjà claqué la porte le 27 février, dénonçant une « mascarade » et un manque d’ouverture dans les négociations. Plus récemment, l’Union des entreprises de proximité (U2P), qui représente les artisans et commerçants, a également quitté la table des discussions, qualifiant ces échanges de « jeu de dupes ».

Des points de divergence majeurs avec le gouvernement

Le conclave des retraites avait été mis en place pour trouver des compromis sur l’évolution du système de retraites, notamment sur la pénibilité, l’usure professionnelle et l’équilibre financier du régime. L’un des principaux sujets de désaccord concerne l’âge légal de départ à la retraite. Si la CGT et d’autres syndicats plaident pour un retour à 62 ans, le gouvernement et le patronat maintiennent leur position sur un maintien à 64 ans, tel que prévu par la réforme de 2023.

Lors de son intervention devant le Sénat cette semaine, François Bayrou, Premier ministre, a réaffirmé que « revenir à 62 ans n’est pas une option économiquement viable ». Il a insisté sur la nécessité de préserver l’équilibre financier des régimes de retraite, jugeant ce retour impossible sans un ajustement budgétaire majeur. La CGT, de son côté, estime que cette position ferme rend impossible une négociation constructive. Sophie Binet a critiqué un dialogue « verrouillé », où les revendications syndicales ne sont pas suffisamment prises en compte.

Des conséquences sur l’avenir du conclave

Avec le retrait de la CGT, le conclave se trouve fragilisé. Trois organisations ont désormais quitté les concertations, réduisant considérablement la diversité des points de vue autour de la table. La CFDT et la CFTC restent engagées, mais expriment elles aussi des réserves sur le cadre des discussions. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a ainsi proposé de « changer les règles » du conclave, afin d’ouvrir davantage le débat sur certaines revendications syndicales. Une demande rejetée par le gouvernement, qui souhaite maintenir le cadre initial des concertations.

Le Medef, qui demeure à la table des discussions, s’inquiète de l’évolution de la situation. Patrick Martin, son président, estime qu’il faut « laisser sa chance au dialogue », mais reconnaît que la situation devient « de plus en plus complexe à gérer » avec le départ de plusieurs organisations.

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