La guerre en Ukraine va-t-elle impacter l’économie de l’Union européenne et donc sa place sur l’échiquier international ?
Après ce premier constat, il faut voir combien cette guerre provoquée, fruit d’une diplomatie agressive depuis 2014 (suite aux accords de Minsk), va conduire davantage la Russie à s’offrir à la Chine (devenue très puissante) et tourner le dos à l’Europe, tandis que celle-ci va devoir se reporter sur son « oncle d’Amérique ». Le fossé sera plus grand encore. Et cela va mécaniquement exposer l’Europe, par ricochet, aux sanctions économiques. Finalement elle se retrouve placée entre le marteau et l’enclume.
Les États de l’Union européenne sont-ils trop divisés pour mener une stratégie économique tenant la route face à la Chine et aux États-Unis ?
De fait, depuis sa construction, le péché originel de l’Europe est son impuissance, dictée par les intérêts divergents entre les tenants d’une Europe forte et indépendante, comme l’a voulue le général De Gaulle, et celle qui préfère s’en remettre à l’OTAN, c’est-à-dire aux États-Unis. Ces tensions ont traversé le temps, jusqu’à nos jours encore.
Une troisième voie, non-alignée dans ce monde bipolaire, dont il a été souvent question au sein des institutions européennes est encore et toujours au cœur des discussions, sans trouver d’issue.
Nous avons loupé le coche du développement pour les nouvelles énergies, mais n’est-il pas trop tard ? L’Union européenne devrait-elle par exemple continuer ses investissements pour le développement de l’hydrogène ?
Aujourd’hui, il n’existe pas de véritable énergie alternative, aussi souveraine ni en termes de capacité. L’éolien est un miroir aux alouettes qui n’offre nullement une énergie verte ni innovante.
Dans l’automobile, le choix de l’électrique, au détriment des moteurs thermiques, par exemple, loin d’être une énergie de substitution est en réalité davantage une énergie de transition. Il ne faut donc sans doute pas se ruer dessus sauf à faire les affaires des bonimenteurs.
En revanche, l’hydrogène est effectivement l’énergie d’avenir la plus innovante et durable. Elle est d’ailleurs relativement ancienne si ce n’est qu’il appartient désormais aux industriels de savoir maîtriser la combustion comme la capacité de stockage. C’est tout l’enjeu actuel pour un usage public, à grande échelle.
Les distances prises avec la Grande-Bretagne vont-elles créer une nouvelle concurrence pour l’Union européenne ?
L’Europe continentale doit pour sa part composer avec un autre « cheval de Troie » qu’est l’Allemagne. On le voit dans le conflit opposant la Russie à l’Ukraine. Il n’est pas certain que l’Europe retrouve à court terme une autonomie dans ces conditions. La concurrence européenne est malheureusement interne, dans ses composantes historiques.












