La réalité sur la fraude sociale : qui est vraiment le coupable ?

La fraude sociale représente un enjeu financier majeur pour les comptes publics. Selon les dernières estimations officielles, elle atteint 14 milliards d’euros par an en France.

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Le 13 janvier 2026, le Haut conseil du financement de la protection sociale a publié une nouvelle évaluation de la fraude sociale en France. Pour l’année 2025, le montant total est estimé à 14 milliards d’euros. Cette estimation repose sur une méthodologie détaillée qui distingue l’origine des fraudes, leur poids financier respectif et les limites actuelles de la détection et du recouvrement.

Fraude sociale : 14 milliards d’euros estimés en 2025

La fraude sociale est évaluée à 14 milliards d’euros par an. Ce montant correspond à un manque à gagner théorique pour les régimes de protection sociale et non à une somme effectivement détournée. Selon le rapport publié mi-janvier 2026, cette estimation agrège plusieurs catégories de fraudes : travail dissimulé, fraudes aux cotisations sociales, prestations indûment perçues et actes médicaux abusivement facturés.

L’augmentation d’environ 1 milliard d’euros par rapport à l’estimation précédente ne résulte pas d’une hausse brutale des comportements frauduleux. Elle s’explique principalement par une évolution méthodologique et par l’élargissement du périmètre analysé, notamment une meilleure prise en compte de certaines formes de travail partiellement dissimulé. Dominique Libault, président du Haut conseil, a précisé que « les taux de fraude sont stables », selon des propos rapportés par France Info.

Fraude sociale et entreprises : la principale source du manque à gagner

Les données chiffrées montrent que la fraude sociale provient majoritairement des entreprises. Selon le rapport, 52 % du montant total, soit plus de 7 milliards d’euros, est lié au travail dissimulé et aux fraudes aux cotisations sociales patronales. Cette catégorie constitue de loin la première source de perte pour les finances sociales.

Certains secteurs économiques concentrent l’essentiel de ces montants. Le bâtiment, l’hôtellerie-restauration et les transports figurent parmi les plus exposés. Ces secteurs cumulent plusieurs facteurs de risque : recours à une main-d’œuvre temporaire, sous-déclaration des heures travaillées et complexité des chaînes de sous-traitance. À cela s’ajoute une difficulté structurelle de contrôle, les fraudes étant souvent partielles et intégrées à l’activité courante, ce qui limite leur détection exhaustive.

Fraude sociale des assurés et des professionnels de santé : une part significative mais secondaire

La fraude sociale imputable aux assurés représente environ 36 % du montant total estimé, soit un peu plus de 5 milliards d’euros. Elle recouvre principalement des prestations indûment perçues, liées à des déclarations inexactes de revenus, de situation familiale ou de résidence. Selon les données publiées par l’AFP, cette catégorie inclut à la fois des fraudes caractérisées et des situations assimilées à de la fraude dans les estimations statistiques comme des erreurs et des omissions involontaires.

Les professionnels de santé sont, quant à eux, à l’origine d’environ 12 % de la fraude sociale, soit près de 1,7 milliard d’euros. Cette part concerne notamment des actes fictifs ou surcotés. Toutefois, Dominique Libault a indiqué que « les activités partiellement dissimulées sont encore mal prises en compte car difficiles à identifier ». C’est pour ça que l’écart entre fraude estimée et fraude effectivement récupérée demeure important. En 2024, environ 2 milliards d’euros de fraudes ont été détectés par les organismes sociaux, mais seulement 680 millions d’euros ont été effectivement recouvrés, selon les chiffres publiés par Boursorama.

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