L’affaire Benjamin Griveaux : la vidéo qui a fait basculer la campagne des municipales de 2020 à Paris

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Alors que la bataille pour Paris se joue actuellement, retour sur une affaire qui avait profondément marqué la précédente campagne. En février 2020, en pleine période électorale, la diffusion d’une vidéo intime attribuée à Benjamin Griveaux provoque un séisme politique immédiat et entraîne le retrait du candidat de la majorité présidentielle, bouleversant la campagne municipale parisienne.

Une campagne parisienne déjà fragilisée

Au début de l’année 2020, la bataille pour la mairie de Paris est ouverte. La maire sortante Anne Hidalgo se représente tandis que plusieurs forces politiques tentent de conquérir la capitale, un enjeu symbolique majeur pour toutes les formations politiques. Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement et proche d’Emmanuel Macron, est investi par La République en marche pour porter les couleurs de la majorité présidentielle. Mais la campagne commence dans un contexte difficile. La candidature dissidente du mathématicien Cédric Villani fragilise la stratégie du mouvement présidentiel et les sondages ne placent pas Griveaux en position dominante. Malgré ces tensions, il reste le candidat officiel de la majorité et incarne la tentative du macronisme d’ancrer durablement son pouvoir dans la capitale.

La diffusion de la vidéo et le retrait du candidat

Dans la nuit du 12 au 13 février 2020, un site internet baptisé « Pornopolitique » publie des captures d’écran de messages et une vidéo intime attribuée à Benjamin Griveaux. Les images auraient été envoyées en 2018 à une jeune femme avec laquelle il entretenait une relation privée. Le site est créé par l’artiste russe Piotr Pavlenski, connu pour ses actions qui se veulent artistiques et politiques. Il affirme vouloir dénoncer ce qu’il considère comme l’hypocrisie d’un responsable politique mettant en avant des valeurs familiales. L’information se diffuse rapidement sur les réseaux sociaux et devient en quelques heures un scandale national. Le 14 février 2020, Benjamin Griveaux annonce son retrait de la campagne municipale, expliquant ne pas vouloir exposer davantage sa famille à cette affaire. En moins de deux jours, la campagne parisienne est totalement bouleversée et la majorité présidentielle doit désigner en urgence une nouvelle candidate.

Une affaire judiciaire et un précédent politique

L’affaire ne s’arrête pas au scandale médiatique. Une enquête judiciaire est ouverte pour atteinte à l’intimité de la vie privée et diffusion d’images sexuelles sans consentement. Piotr Pavlenski et Alexandra de Taddeo, destinataire initiale des messages et compagne de l’artiste au moment de la diffusion, sont poursuivis pour leur rôle dans la publication des images. Plusieurs années plus tard, la justice condamne Pavlenski à une peine de prison ferme aménageable, tandis que la situation judiciaire de de Taddeo évolue au fil des procédures. En octobre 2023, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamnée à six mois de prison avec sursis pour atteinte à l’intimité de la vie privée, estimant qu’elle avait participé à la diffusion des vidéos intimes de Benjamin Griveaux avec l’artiste russe Piotr Pavlenski. Mais la décision a été annulée en appel : le 31 janvier 2025, la cour d’appel de Paris l’a relaxée, considérant qu’elle n’était pas coautrice du projet « Pornopolitique » mis en ligne par Pavlenski. Elle a déclaré après la décision qu’il s’agissait selon elle d’« une juste application du droit ».

Sur le plan politique, l’affaire marque durablement la vie publique française. Elle montre la vulnérabilité des responsables politiques face aux révélations liées à la vie privée à l’ère numérique et ouvre un débat sur la frontière entre vie personnelle et responsabilité publique. Pour Benjamin Griveaux, cet épisode met fin à une trajectoire politique nationale qui semblait encore prometteuse quelques mois auparavant.

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