Le PER attaqué : clôture obligatoire voire suppression ?

Alors que le Plan d’Épargne Retraite (PER) est devenu le placement préféré des Français, il se retrouve désormais dans la ligne de mire pour sa fiscalité. LFI, notamment,t souhaite en finir avec ce pilier de l’épargne retraite, qu’il accuse de détourner l’esprit du système par répartition.

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Le PER attaqué : clôture obligatoire voire suppression ? © www.nlto.fr

Le PER, symbole d’épargne et de capitalisation, est au cœur d’un débat politique qui agite la rentrée parlementaire d’octobre 2025. Une élue de La France insoumise (LFI) a déposé plusieurs amendements visant soit à supprimer, soit à restreindre drastiquement le dispositif. Selon elle, ce produit d’épargne, pourtant soutenu fiscalement par l’État, favorise les hauts revenus et met à mal la logique de solidarité du régime par répartition.

LFI veut supprimer le PER

L’attaque portée contre le PER s’inscrit dans une logique de confrontation entre deux visions de la retraite : la capitalisation individuelle et la répartition collective. Dans une interview relayée le 21 octobre 2025 par BDOR.fr, une députée LFI explique que « ces produits d’épargne constituent une capitalisation déguisée, subventionnée fiscalement au détriment du système par répartition ». Selon cette élue, les PER bénéficient à une minorité de contribuables aisés tout en pesant sur les finances publiques.

D’après les données du même média, près de 10 millions de Français détiennent un PER, un chiffre en constante progression depuis la réforme Pacte de 2019. Ces contrats représentent plus de 95 milliards d’euros d’encours à la fin du troisième trimestre 2023, selon un communiqué du ministère de l’Économie et des Finances publié en février 2024. Mais pour LFI, ce succès est trompeur : il traduirait un désengagement de l’État au profit des marchés financiers.

Sur le plan budgétaire, le mouvement de gauche estime que la dépense fiscale associée au PER dépasse 1,2 milliard d’euros par an, un « cadeau fiscal » qui creuse le déficit public. C’est au nom de cet argument que plusieurs députés ont déposé un amendement visant à supprimer les déductions fiscales accordées aux épargnants.

Clôture automatique et suppression : les mesures proposées par les socialistes

Au-delà de la suppression pure, les socialistes défendent une mesure de clôture automatique des PER à l’âge de la retraite, mesure qui bouleverserait la logique actuelle du dispositif. Selon Capital.fr, un amendement budgétaire a bien été proposé puis débattu à l’Assemblée, visant à forcer la liquidation du plan dès le départ à la retraite.

Aujourd’hui, la loi permet à un épargnant de conserver son PER même après avoir liquidé ses droits à la retraite, pour continuer à faire fructifier son capital ou différer la sortie en rente. Or, la réforme envisagée supprimerait cette flexibilité : les détenteurs seraient contraints de clôturer leur plan à l’âge légal, perdant ainsi un avantage majeur du dispositif.

Le texte avance une justification claire : limiter les « effets d’aubaine » et la défiscalisation différée qu’offre le PER. Selon BDOR.fr, les auteurs estiment que l’avantage fiscal total cumulé atteindrait 110 milliards d’euros.

Les conséquences sur l’épargne, le budget et la retraite

Pour les épargnants, ces propositions marquent un tournant. En cas de suppression ou de clôture automatique, la gestion du PER perdrait son principal atout : la souplesse temporelle. Si elle venait à disparaître, les détenteurs devraient liquider leur épargne au moment exact du départ en retraite, ce qui réduirait les perspectives de rendement à long terme. Du point de vue du budget, les effets seraient immédiats : l’État économiserait plusieurs centaines de millions d’euros par an en réduisant les déductions fiscales, mais au prix d’un affaiblissement de la confiance dans l’épargne-retraite.

Enfin, sur le plan plus large de la retraite, cette remise en cause du PER rouvre le vieux débat entre répartition et capitalisation. Le gouvernement, confronté à la contrainte budgétaire, pourrait être tenté de restreindre les niches fiscales sans aller jusqu’à la suppression totale.

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