Le retour du plastique dans les cantines scolaires ?

Certains plastiques peuvent libérer de petites quantités de molécules dans la nourriture, surtout lorsqu’ils sont chauffés ou exposés à des liquides acides ou gras.

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Le 10 mars 2025, le gouvernement a présenté un projet de décret modifiant l’interdiction du plastique dans les cantines scolaires. Cette annonce suscite de nombreuses réactions, car elle revient sur les mesures adoptées en 2018 avec la loi Egalim, qui visaient à réduire l’exposition des enfants aux matériaux plastiques. Ce texte, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2025, interdisait les contenants en plastique pour le service et la consommation des repas scolaires.

Cependant, le décret récemment proposé introduit une distinction entre les contenants alimentaires (bols, barquettes, assiettes compartimentées) et les ustensiles de service (assiettes simples, couverts, verres). Le gouvernement justifie cette modification par des contraintes logistiques rencontrées par certains établissements et par la nécessité d’assurer une transition plus progressive.

Pourquoi ce retour du plastique dans les cantines scolaires ?

La loi Egalim, adoptée en 2018, prévoyait une réduction progressive de l’usage du plastique dans les cantines scolaires et autres services de restauration collective. Elle interdisait notamment, à partir de janvier 2025, les contenants plastiques destinés à la cuisson, la réchauffe et le service des repas pour les établissements accueillant des enfants de moins de six ans.

Cependant, le texte restait flou sur certains aspects, notamment la classification des couverts et assiettes. C’est dans ce contexte que le gouvernement a souhaité apporter une clarification : les couverts et assiettes en plastique réutilisables ne sont plus considérés comme des contenants au sens strict de la loi. Ainsi, ils pourraient à nouveau être utilisés, à condition de respecter certaines normes de sécurité sanitaire.

Les arguments avancés par les autorités

Plusieurs raisons ont été mises en avant pour justifier cet assouplissement :

  1. Des contraintes économiques et logistiques : certains établissements scolaires, en particulier les plus petits, auraient rencontré des difficultés à mettre en place des alternatives durables. L’achat de vaisselle en inox ou en verre représente un coût initial important.
  2. Une durée de vie prolongée des assiettes et couverts en plastique réutilisables : contrairement aux contenants en plastique à usage unique, les versions réutilisables pourraient théoriquement avoir une empreinte écologique plus faible si elles sont correctement entretenues.
  3. Une adaptation progressive aux normes environnementales : le gouvernement souhaite permettre une transition plus souple pour les collectivités locales qui doivent adapter leurs équipements.

Toutefois, cette décision interroge sur les potentiels effets sur la santé des enfants et sur son impact écologique.

Quels sont les risques pour la santé des enfants ?

Le contact alimentaire avec le plastique : quelles précautions ?

L’un des principaux enjeux concerne le risque de migration des substances chimiques contenues dans le plastique vers les aliments. En effet, certains plastiques peuvent libérer de petites quantités de molécules dans la nourriture, surtout lorsqu’ils sont chauffés ou exposés à des liquides acides ou gras.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) recommande d’éviter l’exposition prolongée des aliments à certains types de plastiques, en raison de la présence potentielle de bisphénol A (BPA), de phtalates et de styrène, substances soupçonnées d’avoir des effets perturbateurs sur le système endocrinien.

Les microplastiques et leurs effets sur l’organisme

Ces dernières années, plusieurs études ont mis en évidence la présence de microplastiques dans l’organisme humain, notamment dans le sang, le foie et le placenta. Ces microparticules proviennent en partie de la dégradation des plastiques en contact avec les aliments.

Leur impact sanitaire reste encore à l’étude, mais les scientifiques s’interrogent sur les effets à long terme d’une exposition régulière :

  • Altération du système immunitaire.
  • Perturbations hormonales et métaboliques.
  • Effets possibles sur le développement neurologique des enfants.

L’ANSES recommande une réduction de l’exposition aux plastiques, en particulier pour les jeunes enfants, plus sensibles aux substances chimiques en raison de leur métabolisme encore en développement.

Un impact environnemental à prendre en compte

Les couverts et assiettes en plastique réutilisables sont conçus pour avoir une longue durée de vie, mais leur fin de cycle soulève des problématiques environnementales. Une fois dégradés, ils doivent être éliminés, et leur recyclabilité reste limitée en raison de la composition des matériaux utilisés.

Contrairement aux alternatives en verre, en inox ou en bambou, qui peuvent être réutilisées de manière quasi indéfinie, les plastiques réutilisables finissent par s’altérer et nécessitent un remplacement régulier. Leur accumulation dans les déchets ménagers représente un enjeu important, d’autant plus que le recyclage des plastiques alimentaires est encore complexe en France.

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