Depuis quelques années, la question de la démission a pris une ampleur nouvelle en France. Portée par un marché de l’emploi plus ouvert et des aspirations professionnelles en mutation, l’envie de quitter son poste a longtemps semblé croissante. Pourtant, en 2025, la situation paraît plus contrastée. Si 23 % des salariés déclarent vouloir changer d’emploi, selon une étude réalisée par Indeed et CensusWide et publiée le 11 mars 2025, cette proportion marque un net recul par rapport aux tendances observées en 2022. Cette année-là, 40 % des travailleurs français envisageaient de partir. Une dynamique qui s’essouffle, mais qui ne signifie pas pour autant un renoncement total à la mobilité professionnelle.
Mais qui veut démissionner en France ?
Le désir de démission varie largement en fonction des tranches d’âge. Les 25-34 ans et les 35-44 ans se montrent plus enclins à envisager un départ, avec un taux d’intention atteignant 26 %. À l’inverse, les jeunes actifs entre 16 et 24 ans sont les moins nombreux à vouloir quitter leur emploi. Seuls 64 % d’entre eux affirment être prêts à rompre leur contrat s’ils en ressentaient le besoin, un chiffre bien inférieur à la moyenne nationale, qui s’élève à 75 %.
Les disparités régionales sont également significatives. En Île-de-France et dans le Grand Est, où la dynamique de l’emploi est plus faible, les travailleurs hésitent davantage à franchir le pas. À l’inverse, en Occitanie ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les opportunités semblent plus nombreuses, la peur de la démission est moins marquée. Un cas particulier se dessine en Bourgogne-Franche-Comté, où malgré un ralentissement des embauches en 2023, le vieillissement de la population et les nombreux départs à la retraite pourraient ouvrir de nouvelles perspectives aux actifs en quête de mobilité.
Les craintes qui freinent la démission
Si l’envie de changement est toujours présente, de nombreux freins empêchent les travailleurs de concrétiser leur projet de départ. La peur de l’instabilité financière est citée par 24 % des salariés, tandis que 20 % redoutent de sortir de leur zone de confort. Ce sentiment est particulièrement marqué chez les 45-54 ans, qui sont 26 % à exprimer cette crainte. Une autre source d’anxiété réside dans la possibilité de regretter sa décision après avoir quitté son poste, une préoccupation partagée par 18 % des répondants.
Les raisons de cette hésitation varient selon les profils. Les femmes, plus préoccupées par l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, sont 23 % à redouter l’impact d’un changement de poste sur leur quotidien. Ce sentiment est aussi marqué chez les salariés en couple avec des enfants, qui sont 21 % à exprimer cette même inquiétude. De leur côté, les hommes, ainsi que les salariés de plus de 55 ans, se montrent plus préoccupés par la perte de leur ancienneté et de leur statut.
Les jeunes actifs, bien que moins enclins à la démission, ont d’autres préoccupations. Entre 16 et 24 ans, la peur de ne pas être à la hauteur dans un nouvel environnement professionnel est particulièrement présente, avec 19 % des interrogés qui expriment cette inquiétude.
Une résignation ou une attente d’opportunités ?
Malgré ces freins, l’étude révèle que 75 % des salariés français se disent prêts à quitter leur emploi si les circonstances s’y prêtent. Un chiffre qui souligne une forme de pragmatisme face à la mobilité professionnelle. Si les incertitudes économiques limitent les démissions impulsives, elles ne freinent pas pour autant les aspirations à une meilleure situation. Les 35-44 ans sont les plus enclins à saisir une opportunité lorsqu’elle se présente, avec 78 % d’entre eux affirmant qu’ils n’hésiteraient pas à démissionner si les conditions étaient favorables.
Cette attitude s’explique en partie par un marché de l’emploi moins porteur que les années précédentes. La Dares observe un recul de l’intérim de 2,3 % au dernier trimestre 2024, un indicateur qui traduit une certaine méfiance des employeurs quant aux embauches.








