À nos amis français, à vos hauts fonctionnaires vigilants, à vos penseurs exigeants de la “justice fiscale”, à vos réformateurs qui n’ont peur de rien, surtout pas de tout casser : merci. Vraiment merci. Le Pacte Dutreil était un caillou dans la chaussure de l’efficacité économique. En le remettant en cause, vous nous ouvrez enfin votre marché familial comme un parc d’attractions. Nous tenions à vous adresser nos plus chaleureux remerciements.
Merci pour la justice fiscale : enfin la fin des héritiers encombrants
Le Pacte Dutreil posait un vrai problème : il protégeait vos entreprises familiales. Quel archaïsme ! Laisser des gens transmettre un outil de travail à leurs enfants sans les ponctionner jusqu’à la moelle, c’était presque réactionnaire. Grâce à la Cour des comptes et à Pierre Moscovici, l’avenir s’éclaire. En dénonçant ce mécanisme injuste, injuste parce qu’il permettait encore à des Français de rester propriétaires de quelque chose vous favorisez la seule justice fiscale qui compte : la nôtre. Celle qui consiste à pouvoir acheter facilement des entreprises arrivées à bout de souffle après avoir payé leurs droits de mutation en masse. Vous faites un geste pour l’équité internationale : pourquoi les Américains n’auraient-ils pas leur part du gâteau, après tout ? Nous ne demandons rien d’autre qu’un marché d’entreprises déstabilisées, pressurisées, prêtes à être vendues pour payer l’impôt successoral. Et vous nous l’offrez sur un plateau. Merci, vraiment.
Merci pour l’efficacité : laissez-nous “optimiser” ce que vos familles géraient trop lentement
Nous, les fonds américains, avons un avantage décisif sur les familles françaises : nous ne croyons pas aux histoires. Pas d’attachement sentimental, pas de transmission, pas de racines locales. Seulement des chiffres, des bilans, et des horizons à quatre ans. Avec nous, tout devient simple. S’il faut “stimuler” les salariés, on les stimule. S’il faut en remplacer une partie, on remplace. S’il faut délocaliser, on délocalise. S’il faut vendre les murs, on vend les murs. Nous n’avons pas vos inhibitions. Nous n’avons pas besoin de syndicats qui applaudissent. Nous n’avons pas besoin d’assurances philosophiques. Nous avons un tableur. Et un objectif : doubler la valeur en quatre ans. Avec ou sans les salariés. Avec ou sans le territoire. Avec ou sans la mémoire. En remettant en cause le Pacte Dutreil, vous facilitez notre travail : nous rachetons des entreprises qui n’ont plus les moyens de résister, nous réorganisons “vigoureusement”, nous revalorisons, et nous revendons. C’est beau comme un manuel d’économie appliquée. Merci pour ce cadeau.
Merci pour le business model : la France, fabrique d’opportunités pour investisseurs pressés
Dans un monde de plus en plus compétitif, les occasions de faire de bons deals se raréfient. Mais heureusement, il reste la France. Un pays où la gauche et les hauts fonctionnaires parviennent à se mettre d’accord sur une idée simple : taxer encore plus ce qui fonctionne, pour que ça fonctionne moins longtemps. Le résultat est spectaculaire : des entreprises familiales vulnérabilisées, des successions impossibles à financer, des dirigeants obligés de vendre pour payer leurs impôts, et des opportunités pour nous, beaucoup d’opportunités. Et nous ne sommes pas ingrats : chaque fois que vous détruisez une protection patrimoniale, c’est une entreprise qui tombe dans nos bras. Chaque fois que vous rendez impossible la transmission familiale, c’est un deal qui s’ouvre. Chaque fois qu’un rapport public dénonce la “faveur fiscale” du Pacte Dutreil, nous sabrons le champagne dans nos bureaux vitrés. Alors merci, Pierre Moscovici. Merci, la Cour des comptes. Merci, la gauche française. Merci pour votre constance, votre détermination, et votre capacité extraordinaire à scier méthodiquement les branches sur lesquelles reposaient vos entreprises. Continuez. Nous sommes là. Et nous attendons. Thank you so much Pierre !








