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LFI et la complaisance avec la violence

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Mélenchon
LFI et la complaisance avec la violence | www.nlto.fr

En parlant de la Jeune Garde, le groupuscule impliqué dans la mort du jeune Quentin, Jean Luc Mélenchon écrivait le 30 avril 2025 « c’est une organisation liée au mouvement insoumis ». Les relations entre « les antifas » qui cautionnent la violence politique et LFI étaient clairement assumées. Avec la mort du jeune Quentin à Lyon LFI a du mal à nier les relations ambiguës du mouvement insoumis avec des groupes violents. 

Quand la gauche radicale joue avec les marges violentes

Depuis plusieurs années, un phénomène trouble s’installe dans le paysage politique français : la porosité entre certaines figures de la France insoumise et des groupes militants réputés pour leur radicalité dans les manifestations. Présences de personnalités LFI lors de rassemblements de groupes violents, relais militants, photos publiques : ces éléments alimentent une question simple mais essentielle : jusqu’où un parti républicain, ou du moins qui le revendique, peut-il s’accommoder d’un environnement militant où la violence politique est revendiquée comme un outil politique ? Les leaders de LFI, Jean Luc Mélenchon, Manuel Bompard et Sébastien Delogu ont participé aux réunions de la jeune garde et se sont fait prendre en photo, fièrement, avec eux en groupe. Les formations politiques ont toujours entretenu des relations avec des sphères militantes plus ou moins remuantes notamment pour leur service d’ordre. Mais lorsque ces sphères sont associées à des stratégies d’affrontement avec les forces de l’ordre, à des dégradations matérielles ou à des logiques d’intimidation, la question cesse d’être marginale. LFI est allé jusqu’à faire élire un député, Raphael Arnault, fondateur de la jeune garde et condamné par la justice pour violence. Il est extrêmement choquant qu’un homme chargé de faire les lois dans une démocratie ait été jugé et condamné pour agression en groupe et qu’il revendique la violence dans un environnement où la seule expression politique doit passer par les urnes. De surcroit son assistant parlement Jacques Elie Favrot a été mis en garde à vue dans l’affaire de la mort du jeune Quentin. Alors que le militant était connu, selon de nombreux témoins, pour violence, LFI pas à une outrance près avait validé son recrutement par l’Assemblée Nationale.

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Le deux poids deux mesures médiatique

Imaginons un instant la situation inverse. Imaginons une dirigeante de droite extrême (On peut imaginer qui…) photographiée dans un congrès d’un groupe réputé pour ses violences de rue. Imaginons qu’elle investisse politiquement l’un de ses responsables pour devenir député. La tempête médiatique serait immédiate, Brutale, sans appel. Les plateaux télé parleraient d’infiltration, de radicalisation, de menace pour la République. Le péril fasciste dans les palais de la république. Imaginons un instant que Marine Lepen se fasse prendre en photo dans un congrès de Skinhead. Or, lorsque ces ambiguïtés concernent la gauche radicale, la réaction semble bien plus mesurée. Les faits sont relativisés, contextualisés, parfois même ignorés. Mélenchon à coté de voyous violents sur une photo c’est sans problème et revendiqué. Des hordes de barbares en noir qui cassent tout dans une manifestation c’est sans problème si ce sont des militants anti capitalistes. Ils peuvent blesser des policiers, envoyer des cocktails molotov sur les forces de l’ordre, là encore pas de problème. C’est irresponsable de la part d’une certaine gauche aujourd’hui allant de LFI a Olivier Faure. Sandrine Rousseau faisait encore des déclarations sur l’utilité des antifas alors que ceux-ci venaient de tuer un jeune homme de la pire manière. L’héritage de Mitterrand est bien loin.  Il faut souvent un événement dramatique pour que la question remonte à la surface et que l’on découvre soudain que ces réseaux existent, agissent, et entretiennent des proximités politiques. Le jeune Quentin lynché par des barbares s’acharnant sur lui à 6. Des barbares encouragés par des partis qui se veulent de gouvernement. Ce contraste nourrit une défiance profonde. Non seulement envers les partis concernés, mais aussi envers les médias censés traiter les faits avec la même exigence, quel que soit le camp.

La banalisation du militantisme violent

Le problème dépasse la seule France insoumise. Il touche à une évolution plus large du militantisme contemporain : la réhabilitation implicite de la violence comme outil politique. Le discours est désormais bien rodé : la violence serait une « réaction », un « symptôme », une « colère sociale ». Elle devient excusable dès lors qu’elle se revendique antifasciste ou sociale. Mais une démocratie ne peut survivre si la violence de rue devient un langage politique toléré. Lorsqu’un parti ferme les yeux sur des pratiques d’intimidation ou d’affrontement, il contribue, volontairement ou non, à légitimer une culture politique de confrontation permanente. La question n’est donc pas seulement celle des liens entre un parti et des groupes militants. Elle est plus grave : elle concerne la frontière que la République accepte, ou refuse, de tracer entre contestation légitime et violence politique. Et cette frontière, aujourd’hui, semble dangereusement floue. LFI a joué avec le feu en faisant entrer à l’Assemblée Nationale des individus condamnés et fichés S, c’est à dire considéré comme une menace pour l’État. LFI est il toujours dans l’arc républicain ? C’est une interrogation légitime. La violence ne doit jamais être encouragée ou légitimée.

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