La France aborde 2025 avec une croissance sous tension. Après une année 2024 qui avait vu le PIB progresser de +1,1 %, la dynamique économique marque nettement le pas. Selon l’INSEE, la croissance atteindrait +0,4 % à mi-2025, avec un début d’année particulièrement poussif : +0,1 % au premier trimestre, +0,2 % au second. L’activité peine à retrouver son élan, freinée par un environnement international défavorable et un ajustement budgétaire qui pèse sur l’investissement.
L’activité continue de pâtir de la morosité ambiante
Les premiers mois de l’année confirment ce ralentissement. L’industrie affiche un recul de -0,4 % au premier trimestre, fragilisée par une demande extérieure atone et des coûts de production toujours élevés. La construction, en proie à un marché immobilier en berne, enregistre une contraction de -0,3 %. Seul le secteur des services parvient à résister, porté par une consommation qui reste modérément dynamique avec une hausse de +0,4 %, mais sans effet d’entraînement suffisant pour compenser les faiblesses des autres pans de l’économie.
L’emploi n’échappe pas à cette tendance selon l’Insee. Après une destruction nette de 90 000 postes salariés en fin d’année 2024, les pertes devraient se poursuivre avec 50 000 suppressions supplémentaires au premier semestre 2025. Ce ralentissement, couplé à une hausse continue de la population active, ferait grimper le taux de chômage à 7,6 %, contre 7,4 % fin 2024. Le secteur industriel et la construction, déjà en difficulté, concentrent l’essentiel des ajustements, tandis que les créations d’emplois dans les services se raréfient.
Les entreprises plombées par la rigueur et l’austérité budgétaires
Le gouvernement, engagé dans un effort de redressement des finances publiques, applique une politique budgétaire plus stricte. L’ajustement prévu représente 0,7 point de PIB, avec pour objectif de ramener le déficit public à 5,4 % du PIB, après 6,0 % en 2024. Cet effort repose principalement sur une augmentation des prélèvements obligatoires, qui pèsera lourdement sur les entreprises. La surcote d’impôt sur les sociétés imposée aux grandes entreprises devrait leur coûter 8 milliards d’euros, tandis que la réduction du Crédit d’Impôt Recherche et la taxation accrue des rachats d’actions ajouteront une contrainte supplémentaire, affectant directement leurs marges. Cette pression fiscale se traduirait par une baisse de 0,9 point de leur valeur ajoutée, ce qui risque de freiner l’investissement et de limiter les perspectives de croissance à moyen terme.
Les ménages bénéficient en revanche d’un contexte plus favorable. L’inflation, qui avait atteint +2,5 % en 2024, est en net ralentissement, avec une prévision de +1,1 % à mi-2025. Cette désinflation permet au pouvoir d’achat de progresser de +0,9 %, soutenu par la revalorisation des prestations sociales et des salaires. Toutefois, cette amélioration ne se traduit pas par un regain massif de la consommation. Le taux d’épargne reste élevé, stabilisé autour de 18,2 %, signe que les ménages restent prudents face aux incertitudes économiques.
L’environnement international ne joue pas en faveur d’un rebond rapide. La croissance mondiale ralentit, notamment en raison des tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et leurs partenaires économiques. Le commerce extérieur français en souffre, les exportations étant pénalisées par une demande mondiale moins dynamique. Le marché de l’énergie constitue un autre facteur d’incertitude, avec un prix du baril de pétrole oscillant autour de 70 dollars, un niveau encore relativement modéré mais susceptible d’évoluer en fonction des tensions géopolitiques.
Si la trajectoire économique actuelle se confirme, 2025 pourrait être une année de transition marquée par une activité languissante. L’INSEE insiste sur le rôle déterminant que joueront les comportements des ménages et des entreprises dans l’évolution de la conjoncture. Une baisse du taux d’épargne ou un regain d’investissement pourrait redonner de l’élan à l’économie, mais l’inverse est tout aussi envisageable.








