En janvier 2025, un comportement inhabituel attire l’attention de plusieurs buralistes suisses. Des mises répétées, élevées, méthodiques. Derrière cette activité, des joueurs ont identifié une faille dans un jeu de loterie bien connu. Une technique mathématique rigoureuse, exploitée sans enfreindre la moindre règle, qui a conduit à des gains dépassant deux millions d’euros.
Comment des joueurs ont exploité une faille de la loterie
À l’origine, tout repose sur une observation simple. Le jeu Joker, proposé en complément de la loterie principale, repose sur un nombre limité de combinaisons. Contrairement aux grands tirages nationaux, ce format réduit ouvre une possibilité rarement exploitée : couvrir une part significative des résultats possibles.
Les joueurs concernés ne cherchent pas le coup de chance. Ils appliquent une technique progressive, structurée, presque industrielle. Chaque mise est légale, chaque ticket conforme. Cependant, en multipliant les paris unitaires, ils parviennent à couvrir environ 65 % des combinaisons du Joker. Selon RTS, l’investissement total dépasse 1,2 million d’euros.
Ce choix change la nature même de la loterie. Le hasard recule. Les gains deviennent statistiquement probables. Ce n’est ni une triche, ni une manipulation. Selon Watson, il s’agit d’une exploitation stricte des règles, pensée pour transformer un jeu de hasard en opération mathématique.
Pourquoi cette technique fonctionnait dans la loterie
Si cette faille a pu être exploitée, c’est avant tout en raison de l’architecture du jeu. Le système de la loterie Joker ne limitait ni le nombre total de mises par joueur, ni la couverture globale des combinaisons sur un même tirage. Tant que chaque transaction respectait les plafonds autorisés, aucune alerte automatique ne se déclenchait. De plus, les gains du Joker sont indépendants les uns des autres. Chaque combinaison gagnante est payée séparément. Ainsi, plus la couverture est large, plus le rendement devient prévisible.
Face à cette situation, la loterie ne soupçonne pas immédiatement une faille technique. L’enquête se concentre d’abord sur la provenance des fonds. Les paiements sont suspendus. Des vérifications approfondies sont lancées. Finalement, aucune infraction n’est constatée. La Loterie Romande procède alors au paiement, après plusieurs mois de contrôle.
Au total, environ 2,35 millions d’euros sont distribués aux joueurs impliqués, selon les chiffres relayés par la Tribune de Genève. Ce montant correspond aux gains nets issus de la faille exploitée. La justice valide implicitement le principe : optimiser une loterie n’est pas interdit, tant que les règles sont respectées. Cependant, l’affaire marque un tournant. La loterie reconnaît un défaut de conception. Des correctifs techniques sont immédiatement déployés. Désormais, des mécanismes de détection limitent les mises répétitives et les couvertures massives.








