Mai 2025 : vers une stabilisation durable de l’inflation en France ?

Alors que l’énergie tire l’indice vers le bas, l’alimentation exerce une force contraire. Les prix des produits alimentaires continuent de progresser à un rythme soutenu .

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Énergie et alimentation ont fait grimper l’inflation en 2023 en France
Mai 2025 : vers une stabilisation durable de l’inflation en France ? © www.nlto.fr

Le 27 mai 2025, l’Insee a publié son estimation provisoire de l’inflation pour le mois de mai. Résultat : une progression des prix limitée à +0,7 % sur un an, soit le plus bas niveau observé depuis février 2021. Sur un mois, l’indice général recule de 0,1 %, contre une hausse de +0,6 % en avril. Si certains y voient le signe d’une normalisation, l’analyse détaillée des postes de dépense révèle des écarts notables.

Énergie : moteur du repli, mais instable

Le principal levier de cette désinflation est, sans ambiguïté, la baisse des prix de l’énergie, enregistrée pour le quatrième mois consécutif. Sur un an, les prix énergétiques chutent de -8,1 %, contre -7,8 % en avril. Ce recul s’explique par la diminution continue des prix des produits pétroliers et du gaz, selon les données détaillées du rapport Informations Rapides n°132 de l’Insee.

Ce mouvement pèse lourd dans l’évolution globale de l’indice, d’autant plus qu’en mai 2024, les prix de l’énergie étaient encore en territoire positif. L’effet de base joue donc à plein. Il convient néanmoins de rappeler que cette inflexion repose sur des facteurs temporaires – notamment la baisse de la demande intérieure au printemps et une détente sur les marchés spot – plus que sur une transformation structurelle de l’approvisionnement ou de la fiscalité énergétique.

Alimentation : la pression persiste, la désinflation reste incomplète

Alors que l’énergie tire l’indice vers le bas, l’alimentation exerce une force contraire. Les prix des produits alimentaires continuent de progresser à un rythme soutenu : +1,3 % sur un an, après +1,2 % en avril. Les produits frais, en particulier, enregistrent une hausse de +1,7 %, même si ce chiffre est en net ralentissement par rapport au mois précédent (+4,0 %). Ce ralentissement reste néanmoins partiel : les autres produits alimentaires (hors frais) augmentent à +1,3 %, contre +0,9 % en avril.

Services et tabac : une stabilité trompeuse

Les services, qui représentent environ la moitié du panier de consommation, ralentissent à +2,1 %, après +2,4 % en avril. Cette baisse provient notamment du secteur des transports et des communications, en repli respectif. Cependant, cette décélération reste marginale comparée aux niveaux atteints durant l’année 2023, et ne suffit pas encore à amorcer un véritable retournement. Le tabac, quant à lui, poursuit sa progression au rythme de +4,1 %, un niveau inchangé par rapport au mois précédent.

La catégorie des produits manufacturés reste ancrée dans une zone de stabilité, avec une variation annuelle de -0,2 %, identique à celle d’avril. Ce chiffre cache toutefois une hétérogénéité importante entre les biens durables, dont les prix restent relativement rigides, et certains biens semi-durables (vêtements, équipement de la maison), où des promotions ciblées et des ajustements de stocks exercent une pression à la baisse.

IPCH : l’inflation à l’échelle européenne confirme la tendance

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons européennes, corrobore le ralentissement observé. Il atteint +0,6 % sur un an, après +0,9 % en avril. Sur un mois, l’IPCH baisse de 0,2 %, ce qui confirme que la tendance n’est pas isolée à la méthodologie nationale.

Le recul de l’inflation en mai repose principalement sur des éléments exogènes et cycliques. La baisse des prix de l’énergie, bien que salutaire pour les ménages et les entreprises, pourrait être remise en cause dès l’été, en fonction des tensions géopolitiques ou climatiques. De plus, les hausses persistantes sur l’alimentation et le tabac démontrent que certains postes de consommation sont peu sensibles aux effets de conjoncture.

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