Des études récentes suggèrent que certains composants des lunchboxs en plastique pourraient migrer dans les aliments et avoir des effets sur la santé.
Les contenants en plastique font partie du quotidien. Utilisés pour conserver les aliments, réchauffer les plats ou encore emballer les repas à emporter, ils offrent une solution pratique et économique. Pourtant, une étude récente publiée en février 2025 dans la revue scientifique Ecotoxicology and Environmental Safety soulève des interrogations quant à leur innocuité. Des chercheurs ont mis en évidence un lien entre l’exposition aux plastiques alimentaires et des effets sur la santé, notamment au niveau du microbiote intestinal et du système cardiovasculaire.
Les plastiques alimentaires et la migration des substances chimiques
Les plastiques utilisés pour le conditionnement des aliments contiennent divers composés chimiques qui leur confèrent des propriétés spécifiques : souplesse, résistance à la chaleur ou transparence. Toutefois, certaines substances peuvent migrer du matériau vers la nourriture, en particulier lorsqu’il est soumis à des températures élevées ou à un stockage prolongé.
Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique longtemps utilisé dans la fabrication de plastiques et de résines destinés aux emballages alimentaires. Il est désormais interdit dans plusieurs pays en raison de ses effets soupçonnés sur le système endocrinien. Des études ont montré qu’il pouvait imiter les hormones naturelles et perturber le fonctionnement de l’organisme, augmentant ainsi le risque de certaines pathologies, comme le diabète ou des troubles hormonaux.
Pour remplacer le BPA, l’industrie utilise aujourd’hui d’autres composés similaires, comme le bisphénol S (BPS) et le bisphénol F (BPF). Cependant, des recherches suggèrent que ces substances pourraient également présenter des effets biologiques, bien que leur impact à long terme reste à préciser.
Les phtalates et autres additifs plastiques
Les phtalates sont, eux, employés pour assouplir certains plastiques et améliorer leur flexibilité. Ils sont également suspectés d’avoir un effet sur le système hormonal, notamment en réduisant la production de testostérone. Leur présence dans les emballages alimentaires soulève des préoccupations, car ces composés sont susceptibles d’être ingérés quotidiennement en faible quantité.
D’autres additifs, comme certains retardateurs de flamme ou stabilisants, sont également présents dans certains plastiques. Leur migration dans les aliments dépend de plusieurs facteurs, notamment la composition du matériau, la température et la durée de contact avec la nourriture.
Un impact sur le microbiote intestinal
Le microbiote intestinal, qui regroupe l’ensemble des bactéries présentes dans le tube digestif, joue un rôle essentiel dans la digestion et le système immunitaire. L’étude réalisée par des chercheurs chinois a montré que l’exposition à certaines substances issues des plastiques pouvait modifier l’équilibre de ce microbiote.
Les chercheurs ont mené une expérimentation sur des rats en leur administrant de l’eau bouillante ayant été stockée dans des contenants en plastique pendant des durées allant de une à quinze minutes. Après plusieurs semaines, l’analyse de leur microbiote a révélé des déséquilibres, caractérisés par une diminution de la diversité bactérienne et une augmentation de marqueurs inflammatoires.
Chez l’humain, un déséquilibre du microbiote intestinal peut être associé à divers troubles, notamment des troubles digestifs (syndrome du côlon irritable, ballonnements) mais aussi des pathologies plus générales comme l’inflammation chronique ou certaines maladies métaboliques.
Des effets sur le système cardiovasculaire
L’étude met également en évidence un lien entre l’exposition aux plastiques et le risque cardiovasculaire. Des expériences ont révélé la présence de lésions sur le muscle cardiaque des rats ayant été exposés à l’eau contaminée par des composés plastiques.
Une enquête menée auprès de 3 200 personnes a montré que celles qui déclaraient utiliser fréquemment des contenants en plastique pour stocker ou chauffer leurs repas présentaient un risque plus élevé de développer une insuffisance cardiaque congestive. Cette observation suggère que l’exposition répétée à ces substances pourrait avoir un impact sur la santé cardiovasculaire, même si des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
L’accumulation des microplastiques dans l’organisme
En plus de la migration des substances chimiques, d’autres recherches ont mis en évidence la présence de microplastiques dans le corps humain. Ces particules de petite taille ont été retrouvées dans le sang, les organes et même le cerveau. Si leur impact sur la santé est encore en cours d’évaluation, leur accumulation à long terme pourrait entraîner des effets inflammatoires et contribuer à certaines pathologies chroniques.
Comment réduire son exposition aux plastiques alimentaires ?
Il est recommandé d’éviter le réchauffage des aliments dans des contenants en plastique, car la chaleur favorise la migration des substances chimiques. L’utilisation de matériaux alternatifs comme le verre ou l’inox permet de réduire cette exposition.
Lorsque cela est possible, privilégier les aliments conditionnés dans des emballages en carton ou en verre peut également limiter l’ingestion de particules plastiques. Certaines entreprises développent des alternatives biodégradables ou sans additifs controversés, bien que leur efficacité et leur sécurité alimentaire doivent encore être évaluées.
Les consommateurs peuvent également être attentifs aux indications figurant sur les emballages. Certains plastiques sont considérés comme plus sûrs que d’autres : par exemple, les plastiques portant les codes de recyclage 1 (PET) et 5 (PP)sont généralement considérés comme présentant un faible risque de migration chimique, tandis que ceux marqués 3 (PVC), 6 (PS) ou 7 (autres, y compris le BPA) doivent être évités autant que possible.








