Mercosur : Bruxelles valide, Paris s’enflamme, LFI et RN tentent la censure

LFI et le RN ont annoncé chacun une motion de censure contre le gouvernement, en réaction à la séquence Mercosur

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Le Mercosur a basculé en quelques heures, et la scène politique française avec. Le 9 janvier 2026, le Conseil de l’Union européenne a ouvert la voie à la signature de l’accord UE-Mercosur, au terme d’un vote à la majorité qualifiée qui a neutralisé l’opposition de Paris. La France a découvert, une fois de plus, qu’un « non » solitaire ne pèse pas lourd à Bruxelles. Et, dans la foulée, LFI comme le RN ont tenté de transformer ce revers européen en crise nationale, en annonçant des motions de censure.

Mercosur : le vote au Conseil, la majorité qualifiée, et une signature déjà dans les rails

Au cœur du dossier Mercosur, il y a une décision politique prise dans un cadre juridique précis. Le 9 janvier 2026, le Conseil de l’Union européenne a approuvé deux textes : d’une part l’accord de partenariat global UE-Mercosur, d’autre part un accord commercial intérimaire. Ainsi, et c’est décisif, le Conseil ne « ratifie » pas encore : il autorise la signature et organise la suite. En parallèle, il revendique une portée historique, car il met en scène la fin d’un feuilleton européen interminable. Le ministre chypriote Michael Damianos a salué, en substance, « une étape historique » rendue possible après « plus de 25 ans », selon le Conseil de l’UE.

Le Conseil rappelle que l’accord global UE-Mercosur devra obtenir le consentement du Parlement européen, puis être ratifié par l’ensemble des États membres pour entrer pleinement en vigueur. Toutefois, en même temps, il précise que l’accord commercial intérimaire relève de la compétence exclusive de l’Union, donc qu’il n’exige pas de ratification nationale. Autrement dit, même si la France veut politiser la ratification du Mercosur sur son terrain, Bruxelles peut faire avancer une partie du libre-échange sans attendre les parlements. Reuters rapporte qu’une signature est annoncée pour le 17 janvier 2026 au Paraguay.

Mercosur : l’Élysée dit « non », mais la France n’a pas bloqué, et Macron encaisse un revers européen

Le Mercosur a servi de démonstration, et c’est précisément ce qui fragilise Emmanuel Macron. Le 8 janvier 2026, l’Élysée annonce que Paris votera contre, en mettant en avant des inquiétudes liées à l’agriculture et à la « réciprocité » des normes. Le lendemain, la France a effectivement voté contre au Conseil, mais elle n’a pas réussi à réunir une minorité de blocage, dans un vote fondé sur la majorité qualifiée, selon Reuters. Donc, politiquement, le résultat est doublement cruel : la France affiche son opposition, toutefois elle ne change pas l’issue. Paris explique, tandis que Bruxelles décide. Et, dans un dossier aussi sensible que le libre-échange, cette asymétrie est une défaite de communication autant qu’une défaite d’influence.

Emmanuel Macron a tenté de réduire le coût politique en détaillant des garde-fous, pour montrer que la France n’aurait pas été passive face au Mercosur. Il met notamment en avant un « frein d’urgence » déclenchable à partir d’un seuil de 5 %, selon l’Élysée. Il cite aussi des montants destinés à rassurer le monde agricole : 294 milliards d’euros d’aides directes au revenu « sanctuarisées » et 45 milliards d’euros de complément d’accès à partir de 2028.

Mercosur : LFI et RN transforment le vote européen en crise nationale

Après le vote européen sur le Mercosur, la bataille s’est déplacée vers l’Assemblée nationale, car la politique française adore requalifier. LFI et le RN ont annoncé chacun une motion de censure contre le gouvernement, en réaction à la séquence Mercosur. La logique est simple : si Bruxelles tranche, alors Paris doit sanctionner. Cependant, le Parti socialiste ne compte pas voter ces motions, ce qui prive mécaniquement l’initiative d’un bloc majoritaire, selon Reuters.

Jean-Luc Mélenchon appelle à la « désobéissance » et lance : « Maintenant, tout est perdu. La désobéissance reste la seule alternative de résistance », selon Le Parisien. Et, pendant que LFI et le RN se disputent l’indignation, l’exécutif doit gérer une autre échéance : la reprise de la séquence budgétaire à l’Assemblée, dans une période décrite comme décisive, selon TF1 Info.

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