Le 13 octobre 2025, The Guardian a publié les résultats d’une étude menée dans les Adirondacks, aux États-Unis. Les chercheurs ont comparé deux lacs voisins : Tear of the Clouds, fréquenté par les randonneurs, et Moss Pond, isolé, sans sentier. Résultat : 16,54 particules de microplastiques par millilitre d’eau dans le premier, contre 0,73 dans le second…
Des particules de microplastiques libérées à chaque foulée
Pour les chercheurs, les responsables sont clairement identifiés : les semelles souples des chaussures de randonnée et les vêtements synthétiques. « Les chaussures de trail et les textiles techniques semblent jouer un rôle significatif dans la présence de microplastiques dans ces eaux reculées », explique le data scientist Tim Keyes dans The Guardian.
Chaque pas sur un sol rocailleux provoque de minuscules abrasions : des fragments de plastique se détachent, parfois invisibles à l’œil nu, puis sont emportés par la pluie vers les ruisseaux et les lacs. Ces microparticules, plus légères que l’eau, peuvent flotter longtemps avant de se déposer. En 2023, la même équipe pensait que la pollution venait surtout de l’air. Mais les nouveaux prélèvements montrent que la fréquentation des sentiers pèse bien plus lourd dans la balance.
Une pollution qui s’accumule dans la nature
Une autre enquête publiée le 10 octobre 2025 par The Guardian illustre la persistance du phénomène. Dans un lac expérimental au Canada, les chercheurs ont observé que, même quand les apports extérieurs cessent, les microplastiques restent piégés dans les sédiments et les berges. Autrement dit, la pollution ne disparaît pas d’elle-même : elle s’accumule.
Selon la chercheuse Sami Romanick, citée par The Cool Down, « la différence entre un lac fréquenté et un lac vierge est une preuve solide ». En clair : chaque randonneur laisse derrière lui une empreinte plastique quasi indétectable, mais mesurable.
Des risques encore mal connus, mais une responsabilité partagée
Au-delà de la montagne, la pollution microplastique touche déjà notre quotidien. Des particules de microplastiques ont été retrouvées dans le sang, les poumons, le placenta et même le cerveau humain. Une pollution qui provient en grande partie de nos vêtements, nos emballages… et désormais, potentiellement, de nos activités de loisirs en nature.
Les scientifiques appellent donc à des gestes simples : choisir des semelles plus rigides, nettoyer ses chaussures loin des cours d’eau, et préférer des fibres naturelles comme le coton ou la laine pour les couches extérieures. De leur côté, plusieurs marques outdoor travaillent déjà sur des matériaux moins friables.








