L’augmentation du nombre de milliardaires et de leur fortune cumulée soulève de nombreuses interrogations sur la répartition des ressources à l’échelle mondiale. Le classement annuel publié début avril par Forbes et relayé par Fortune dévoile une tendance de fond : la croissance rapide des patrimoines privés les plus élevés, même dans un contexte économique instable.
Une croissance continue du nombre de milliardaires
En 2025, le monde compte 3 028 milliardaires, un record historique selon le classement annuel établi par Forbes. Leur fortune combinée atteint 16 100 milliards de dollars (soit environ 14 950 milliards d’euros), contre 14 100 milliards en 2024. Cette progression de 2 000 milliards de dollars en un an s’est produite malgré une baisse généralisée des marchés financiers au premier trimestre 2025.
Derrière ces chiffres, se dessine une concentration inédite du capital : la richesse détenue par les milliardaires dépasse aujourd’hui le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays du monde, à l’exception des États-Unis et de la Chine. À titre de comparaison, la fortune d’Elon Musk, estimée à 342 milliards de dollars, équivaut au PIB de la Finlande. Celle de Mark Zuckerberg, avec 216 milliards, dépasse celui de l’Algérie.
Une répartition mondiale dominée par quelques grandes puissances
La majorité des milliardaires est concentrée dans un nombre restreint de pays. En 2025, les États-Unis en comptent 902, représentant à eux seuls 42 % de la richesse totale de la liste, soit environ 6 800 milliards de dollars. La Chine et Hong Kong arrivent ensuite avec 516 milliardaires, suivis par l’Inde avec 205 selon Forbes.
Le classement révèle également l’émergence de nouvelles fortunes dans des pays comme la Turquie, le Brésil ou encore les Émirats arabes unis. Par ailleurs, 406 femmes figurent dans la liste, soit 13,4 % du total, dont 113 considérées comme « self-made » et la moyenne d’âge des milliardaires est de 66 ans.
Une dynamique structurelle de concentration du capital
Au-delà des fluctuations conjoncturelles, plusieurs facteurs structurels participent à cette accumulation de richesses. Le rapport cité par Fortune et fondé sur les données d’Oxfam indique que 60 % de la richesse des milliardaires serait d’origine non entrepreneuriale, liée à l’héritage, aux positions de monopole ou aux relations d’influence.
Par ailleurs, Oxfam estime qu’environ 204 nouveaux milliardaires ont été créés en 2024, soit près de quatre par semaine. Le nombre de milliardaires a triplé depuis 2000, tandis que les progrès en matière de réduction de la pauvreté stagnent dans de nombreuses régions du monde.








