Napster revient : le fantôme du MP3 veut hanter le métavers

Napster naît en 1999, conçu par Shawn Fanning et Sean Parker. Il s’agit alors d’un logiciel de partage de fichiers en peer-to-peer.

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Napster revient : le fantôme du MP3 veut hanter le métavers © www.nlto.fr


On l’avait rangé au grenier, entre Winamp et ICQ. Napster, symbole adulé (ou honni) de l’ère du peer-to-peer, vient d’être racheté pour 207 millions de dollars (environ 191 millions d’euros) par Infinite Reality, une entreprise californienne qui ambitionne de redéfinir les interactions musicales à l’heure du métavers. Oui, ce Napster-là. Le vrai. Celui qui a fait trembler l’industrie musicale au tournant des années 2000.

De Metallica aux avatars 3D : une histoire improbable mais véridique

Pour les anciens, c’est un frisson d’adrénaline : souvenez-vous, 1999, une connexion bruyante, un MP3 d’Eminem en téléchargement (avec virus en bonus), et la douce impression d’avoir piraté le système. Pour les autres, Napster n’est qu’un nom vintage recyclé. Pourtant, il est toujours là. Mieux : il veut redevenir un acteur de la musique connectée.

Napster naît en 1999, conçu par Shawn Fanning et Sean Parker. Il s’agit alors d’un logiciel de partage de fichiers en peer-to-peer, permettant d’échanger des fichiers MP3 à travers le monde. La révolution est instantanée. Et illégale.

En 2000, Metallica attaque. L’année suivante, c’est l’implosion : faillite, suspension des serveurs, et fin d’une époque. Pourtant, comme un virus dormant, Napster change de peau sans jamais disparaître. Racheté par Rhapsody, relancé comme service de streaming légal, puis réinventé dans le Web3 sous l’égide d’Algorand, Napster s’accroche. Et voici qu’en mars 2025, Infinite Reality débourse une petite fortune pour transformer ce vestige numérique en plateforme immersive, sociale, et—soyons honnêtes—un peu futuriste à l’extrême.

Le grand rêve immersif : Napster version métavers

Le projet d’Infinite Reality est limpide : faire de Napster bien plus qu’un Spotify bis. Il s’agit d’une plateforme musicale immersive, fondée sur la réalité étendue (XR), l’intelligence artificielle, des espaces 3D interactifs, et des outils de monétisation directe pour les artistes.

L’idée ? Vous connecter dans un salon virtuel à l’effigie de votre groupe préféré, assister à un concert en 3D, discuter en direct avec un avatar, acheter un t-shirt numérique ou une affiche physique sans quitter l’univers de la plateforme.

La somme investie peut surprendre 207 millions de dollars. D’autant que Napster, en 2025, pèse peu dans le streaming face à Spotify ou Apple Music. Son abonnement à 11 dollars par mois n’a rien de disruptif, et son nom évoque davantage les poursuites judiciaires que l’innovation technique.

Et pourtant, l’argument tient : le nom « Napster » fait vendre. C’est un fragment du web primitif, une légende urbaine devenue marque déposée.

Il serait facile de se moquer. De crier au recyclage opportuniste. D’invoquer LimeWire, GameStop, ou RadioShack. D’ailleurs, certains ne s’en privent pas. Mais Napster, contre toute attente, n’est jamais vraiment mort. Il a muté. Et aujourd’hui, il tente une métamorphose osée, dans un monde où la musique n’est plus seulement à écouter mais à vivre.

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