Négociations commerciales : la colère monte entre distributeurs, industriels et État

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Dans le cycle annuel des négociations commerciales entre grandes enseignes et fournisseurs, une crise inédite secoue actuellement le secteur. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé qu’elle allait boycotter les prochaines réunions du comité de suivi des négociations commerciales, dénonçant des propos de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qu’elle juge « réducteurs et caricaturaux » et contraires à un dialogue respectueux nécessaire au bon déroulement de ces discussions.

Un boycott sans précédent sur fond de tensions politiques

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) — qui représente les principales enseignes françaises telles que Leclerc, Carrefour, Intermarché, U ou Auchan — a annoncé qu’elle ne participerait plus aux prochains comités de suivi des négociations commerciales ni à la réunion le 17 février 2026 à Bercy, en raison des récents propos de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Annie Genevard avait notamment qualifié certaines pratiques de la grande distribution de « chantage mortifère » vis-à-vis des industriels de l’agroalimentaire, en ajoutant que leurs exigences tarifaires pouvaient mettre en péril la capacité des fournisseurs à garantir des revenus justes aux agriculteurs et aux producteurs en amont de la chaîne.

Dans ce contexte, la FCD considère que le climat de négociation est fragilisé, rompant selon elle les bases d’un échange serein alors que les négociations commerciales — traditionnellement ouvertes du 1ᵉʳ décembre au 1ᵉʳ mars — entrent dans leur phase décisive.

L’accusation de « destruction de la filière française »

Pour ne rien arranger, il y a l’accusation portée par Jean-François Loiseau, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), le lobby agroalimentaire : le secteur de la grande distribution serait en train de « détruire la filière française », en exerçant une pression excessive dans le cadre des négociations commerciales. Selon lui, les distributeurs affaibliraient les acteurs industriels français en tirant systématiquement les prix vers le bas et en utilisant des stratégies jugées dommageables pour la compétitivité du tissu industriel national.

Cette critique va au-delà de l’accusation de « chantage » formulée par la ministre et illustre le ressentiment croissant d’une partie du monde industriel, qui estime que les règles actuelles des négociations commerciales favorisent des déséquilibres structurels au détriment des fournisseurs.
Par ailleurs, la tension institutionnelle est renforcée par la récente amende de 33 millions d’euros infligée par la DGCCRF à la centrale d’achat Eurelec (E.Leclerc) pour non-respect des dates limites de signature des conventions avec des fournisseurs dans le cadre des négociations commerciales 2025.

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