ONU : Pyongyang raille Trump, mais flaire aussi l’épée de Damoclès

Accuser les États-Unis de faire de l’ONU une farce — voilà qui aurait presque de quoi faire sourire. Sauf que la dernière tirade nord-coréenne est aussi une mise en garde encadrée : après l’opération spectaculaire contre Nicolás Maduro et l’arrestation du président vénézuélien, Pyongyang redoute que Washington n’applique demain le même scénario chez elle.

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Le 12 janvier 2026, la Corée du Nord a de nouveau braqué les projecteurs diplomatiques sur l’ONU avec un communiqué aussi cinglant qu’une satire bien troussée. Pyongyang accuse les États-Unis et Donald Trump de « mépriser l’existence même de l’ONU » et de transformer l’organisation en théâtre d’illégalités et d’abus. Derrière l’ironie, pointent une inquiétude stratégique réellement profonde et de sombres réminiscences d’opérations militaires américaines, dont celle menée récemment contre le Venezuela.

Quand Pyongyang moque l’ONU, Trump et la « farce internationale »

La Corée du Nord n’a jamais été très tendre avec l’ONU. Pourtant, cette dernière charge traduit une gymnastique rhétorique qui frôle l’absurde : critiquer les États-Unis pour ce qu’on est soi-même régulièrement accusé de faire. Dans son communiqué, Pyongyang qualifie en effet les manœuvres américaines à l’ONU de « actes illégaux et immoraux » et accuse Washington de « mépriser l’existence même de l’ONU », selon le communiqué officielle nord-coréen.

Ce qui, dans un monde diplomatique normal, serait une pique sarcastique devient ici une stratégie. Plutôt que de nier les critiques à son encontre, Pyongyang s’empare du narratif et retourne contre Washington l’accusation de partialité et d’instrumentalisation des institutions internationales. Chacun rejoue son rôle : Washington brandit l’autorité onusienne quand elle l’arrange, Pyongyang prétend en être le dernier défenseur.

Trump et l’ombre de l’opération Maduro

La charge nord-coréenne s’inscrit dans un contexte où l’action américaine au Venezuela continue de polariser les esprits. Début janvier 2026, les forces américaines ont lancé des frappes au Venezuela, capturé le président Nicolás Maduro et l’ont transféré à New York pour y être jugé, suscitant un tollé sur la scène internationale et des accusations de violation flagrante de la souveraineté nationale.

Pour Pyongyang, ce précédent est bien plus qu’une anecdote géopolitique : c’est un exemple vivant d’une politique étrangère américaine capable de balayer les normes internationales quand cela l’arrange. Les dirigeants nord-coréens savent pertinemment que, contrairement au Venezuela, ils disposent d’une dissuasion nucléaire crédible — une « assurance contre la décapitation » que Maduro n’avait pas.

Et toutefois, silence radio de Pyongyang pendant plus d’un jour après l’opération vénézuélienne : une réaction mesurée qui en dit long. Derrière l’ironie officielle, la nervosité est réelle. Pour beaucoup d’analystes, l’opération américaine à Caracas a rappelé aux cercles du pouvoir nord-coréen que « Washington peut faire ce qu’il veut » — jusqu’à envisager des actions spectaculaires contre ceux qu’il juge des menaces.

« L’ONU, une farce »… jusqu’à ce qu’elle devienne une excuse

Pyongyang n’accuse pas seulement Washington de se moquer de l’ONU : il s’agit aussi de dénoncer une utilisation cynique de l’institution comme couverture légale ou morale pour des politiques unilatérales. Dans ses lignes acerbes, la déclaration nord-coréenne invite littéralement la communauté internationale à débattre non pas des sanctions contre lui, mais des « actes criminels hideux » des États-Unis.

Cette posture, savamment ironique, vise à renverser l’argument dominant dans les débats internationaux : au lieu d’être le pays accusé de provoquer des crises de sécurité, la Corée du Nord se pose en arbitre moral pointant du doigt l’hégémonie américaine. Sauf qu’en habillant cette critique d’une rhétorique satirique, Pyongyang n’échappe pas à l’expression d’une peur tangible : celle d’être un jour le prochain sur la liste d’un scénario « à la Maduro ».

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