Nouvel épisode dans la guerre des titans de l’IA : la justice américaine inflige un revers cinglant à Elon Musk. Sa société xAI accusait OpenAI d’avoir prospéré grâce à des secrets commerciaux subtilisés via d’anciens employés. Verdict du tribunal fédéral : accusations insuffisantes, démonstration défaillante. Un échec judiciaire qui fragilise la stratégie offensive du milliardaire.
OpenAI : la plainte de Musk rejetée, faute de preuves solides
Le 24 février 2026, la juge fédérale Rita F. Lin a rejeté la plainte déposée par xAI contre OpenAI. L’entreprise fondée par Elon Musk accusait son rival d’avoir exploité des secrets commerciaux à la suite du départ de plusieurs de ses salariés. Or, à la lecture de la décision, le constat est sévère. Selon Reuters, la magistrate souligne une faiblesse centrale du dossier : « Il manque notamment des allégations concernant le comportement propre d’OpenAI. » Dans un contentieux industriel, c’est une lacune majeure. Plus encore, la juge précise que « xAI n’avance aucun fait indiquant qu’OpenAI aurait incité les anciens employés de xAI à voler ses secrets commerciaux, ni que ces anciens employés auraient utilisé de tels secrets une fois employés par OpenAI ».
Dans un contentieux aussi sensible que celui des secrets industriels, l’exigence probatoire est élevée. Pourtant, la plainte semblait reposer davantage sur une suspicion stratégique que sur des éléments factuels démontrés. Résultat : rejet pur et simple. Seule concession accordée à xAI, la possibilité de déposer une version amendée avant le 17 mars 2026, selon Reuters. Un sursis procédural, mais un camouflet public.
XAI : des accusations fragiles contre OpenAI et Altman
Au cœur de la plainte figurait le départ de huit employés de xAI vers OpenAI, rappelle The Tech Buzz. Huit profils hautement qualifiés, certes. Mais dans l’industrie de l’intelligence artificielle, la mobilité des talents est la norme, non l’exception. xAI soutenait que ces transferts auraient permis à OpenAI d’accéder à des informations confidentielles, notamment du code source lié au chatbot Grok. Toutefois, la décision du tribunal montre que l’argumentation n’allait guère au-delà de l’énumération de départs de salariés. Or, en droit américain, recruter un concurrent ne constitue pas un délit en soi. Il faut démontrer l’appropriation et l’usage d’un secret protégé. Ce que la juge estime ne pas avoir été fait. Le revers est d’autant plus symbolique que le conflit oppose Elon Musk à Sam Altman, ancien allié devenu rival. Les deux hommes ont cofondé OpenAI en 2015. Musk s’en est retiré en 2018. Depuis, le désaccord est devenu affrontement.
Cette plainte pour secrets commerciaux s’inscrit dans une stratégie judiciaire plus large. Selon le Times of India, Musk réclame dans une autre procédure distincte jusqu’à 134,5 milliards de dollars de dommages et intérêts, en lien avec la transformation d’OpenAI en structure à but lucratif. Des montants astronomiques qui traduisent une volonté de frapper fort, voire de déstabiliser.
Pourtant, dans ce dossier précis, la justice ne suit pas. L’argumentaire de xAI n’a pas convaincu qu’OpenAI aurait orchestré un détournement de secrets. Et dans les litiges industriels, l’absence de démonstration factuelle pèse lourd.
Musk fragilisé dans la bataille internationale de l’IA
Dans la foulée de la décision, OpenAI n’a pas caché sa satisfaction. « Nous saluons la décision du tribunal. Cette plainte infondée n’a jamais été autre chose qu’un nouveau front dans la campagne de harcèlement continue menée par M. Musk », a déclaré l’entreprise, selon The Verge. Le ton reflète l’intensité d’une rivalité devenue globale. OpenAI s’impose comme un acteur central de l’IA générative, valorisé à plusieurs dizaines de milliards de dollars lors de ses levées de fonds récentes. Face à elle, xAI cherche à exister, à s’imposer, à concurrencer.
Dans ce contexte, la voie judiciaire apparaît comme un outil stratégique. Cependant, lorsqu’une plainte est rejetée pour insuffisance d’allégations et défaut de faits précis, l’effet peut être inverse à celui recherché. Au lieu d’affaiblir son concurrent, le plaignant expose ses propres fragilités.
Certes, xAI peut encore déposer une plainte amendée avant le 17 mars 2026. Mais le message envoyé par la cour fédérale est clair : les accusations doivent être étayées, démontrées, documentées. En l’état, ce n’était pas le cas.










