C’est un son strident qui risque de surprendre. Pendant cinq jours, du lundi 13 au vendredi 17 octobre 2025, le système d’alerte gouvernemental FR-Alert sera activé pour envoyer des messages d’exercice à plusieurs milliers de personnes situées dans les zones concernées par HYDROS 25, un vaste exercice de sécurité civile simulant une crue majeure de la Seine. L’opération, pilotée par la Préfecture de police de Paris, vise à tester la capacité d’alerte et de réaction de la population.
Quand et comment votre téléphone sonnera
Entre le 13 et le 17 octobre, plusieurs envois de messages FR-Alert seront effectués dans différents secteurs de la région parisienne. Le message, accompagné d’un signal sonore puissant, s’affichera sur les écrans des téléphones portables compatibles, même en mode silencieux ou avion. Il indiquera clairement qu’il s’agit d’un exercice, précisant qu’aucune action particulière n’est requise.
Selon la Préfecture de police de Paris, cette opération s’inscrit dans le cadre de HYDROS 25, un exercice de grande ampleur destiné à simuler une crue centennale de la Seine. Le scénario imagine le fleuve atteignant 7,10 mètres au pont d’Austerlitz, provoquant inondations, coupures d’électricité et évacuations fictives.
Mais pour les habitants, le test FR-Alert sera avant tout une vérification technique : s’assurer que le message d’alerte parvient correctement à tous les téléphones présents dans la zone. « Le but est d’habituer la population au signal d’alerte tout en validant la chaîne de diffusion », précise la préfecture, qui souligne que l’alerte portera la mention explicite “EXERCICE HYDROS 25”.
Pourquoi la capitale teste FR-Alert avec HYDROS 25
Créé en 2022, le système FR-Alert est l’outil officiel d’alerte de la population. Il permet aux autorités d’envoyer en quelques secondes un message géolocalisé à toutes les personnes présentes dans une zone menacée, sans inscription préalable. Il s’agit d’un mécanisme de sécurité publique déjà utilisé lors d’incidents industriels, d’orages violents ou d’attentats.
Dans le cadre de HYDROS 25, son activation répond à un double objectif : vérifier son efficacité technique et évaluer les réflexes collectifs en situation de crise. « Le risque inondation reste le premier risque naturel en Île-de-France », rappelle la Préfecture de police. Une crue comparable à celle de 1910 pourrait toucher jusqu’à 700 000 personnes et provoquer 30 milliards d’euros de dommages.
Ce scénario est pris très au sérieux par les pouvoirs publics. En 2016 déjà, la Seine avait atteint 6,10 mètres, inondant partiellement les berges et forçant la fermeture de plusieurs lignes de RER. HYDROS 25 cherche à aller plus loin : mobiliser les préfectures, les communes, les services d’urgence et les habitants, tout en testant les moyens d’information rapide.
Les autorités insistent sur le caractère fictif de l’opération. Le message FR-Alert ne doit susciter ni panique ni déplacement. « C’est un test technique, pas une alerte réelle », précise la Préfecture de police. Pour Bénédicte Cadalen, responsable du service de gestion de crise à la Ville de Paris, citée par Le Point , l’exercice a aussi une dimension éducative : « À Paris, beaucoup pensent être à l’abri parce qu’ils vivent loin de la Seine. »












