Mal isolées, énergivores, glaciales en hiver, suffocantes en été : les « passoires thermiques » font régulièrement les gros titres en France. Pourtant, contrairement à une idée répandue, les locataires français semblent moins touchés que prévu par ce fléau immobilier. Pourquoi ce paradoxe ? Qui habite réellement ces logements énergétiquement désastreux ?
Moins d’un logement locatif sur six est une passoire thermique
Le 1er janvier 2024, la France comptait 5,8 millions de logements classés F ou G selon le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Derrière ce chiffre, un constat surprenant émerge : seulement 15,9 % des biens loués dans le secteur privé entrent dans cette catégorie selon le Service des Données et Études Statistiques (SDES) qui a publié mi-décembre 2024 son rapport annuel. Une proportion loin d’être négligeable, mais relativement faible si on la compare aux propriétaires occupants.
Sur les 4,2 millions de résidences principales classées comme passoires thermiques, seules 1,3 million appartiennent à des bailleurs privés. Les locataires représentent ainsi environ un tiers seulement des ménages confrontés directement à ce problème d’efficacité énergétique, alors que la perception publique laisse croire que ce chiffre est bien supérieur.
Propriétaires occupants : les vrais perdants
Contrairement aux idées reçues, les propriétaires occupants représentent 61 % des résidents de ces logements énergétiquement défaillants, soit environ 2,6 millions de ménages. Ceux-ci font face à un double problème : vivant dans un habitat mal isolé, ils doivent aussi assumer l’intégralité des frais de rénovation, malgré les aides de l’État comme MaPrimeRénov’ ou les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).
Les bailleurs privés, souvent pointés du doigt comme négligents, ont en réalité davantage rénové que prévu ces dernières années, sous l’effet conjugué des obligations réglementaires et des incitations fiscales. Rien qu’en 2023, 191 000 logements ont quitté les catégories F et G dans le parc locatif privé, signe d’une dynamique réelle quoique insuffisante.
| Type de logement | Nombre de logements énergivores (F et G) | Part du total (%) |
|---|---|---|
| Occupés par propriétaires | 2,59 millions | 61 % |
| Loués par bailleurs privés | 1,3 million | 31 % |
| Logements sociaux | 350 531 | 7,4 % |
Le logement social, bon élève inattendu
Dans le parc social, la situation est nettement meilleure, ce qui profite directement aux locataires aux revenus modestes. Seulement 7,4 % des logements sociaux, soit environ 350 531 unités, figurent parmi les passoires énergétiques selon le SDES. Ce faible chiffre s’explique notamment par des investissements massifs et réguliers réalisés depuis plusieurs années par les bailleurs sociaux, poussés par une réglementation plus contraignante.









