Pollution maritime : les bateaux de plaisance plus dangereux que les voitures ?

Les bateaux de plaisance, souvent synonymes d’évasion et de liberté en mer, sont aujourd’hui au cœur d’un débat inattendu : leur impact environnemental. Une étude scientifique réalisée à Marseille vient éclairer une facette peu connue de ces loisirs nautiques.

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Les bateaux de plaisance, souvent synonymes d’évasion et de liberté en mer, sont aujourd’hui au cœur d’un débat inattendu : leur impact environnemental. Une étude scientifique réalisée à Marseille vient éclairer une facette peu connue de ces loisirs nautiques.

Le 6 juin 2025, une étude publiée à Marseille par l’organisme AtmoSud, avec le soutien du CNRS, a attiré l’attention sur une réalité que peu de plaisanciers soupçonnaient : les bateaux à moteur utilisés pour les loisirs en mer peuvent émettre, dans certaines situations, beaucoup plus de pollution que des voitures modernes. Ces résultats posent de nouvelles questions sur les manières de profiter de la mer, à l’heure où la préservation du littoral devient une priorité.

Comprendre l’étude : un zoom sur le littoral marseillais

L’étude a été réalisée dans la zone très fréquentée du Vieux-Port de Marseille. Les scientifiques ont mesuré, à différentes périodes, les émissions de dioxyde d’azote, un gaz polluant associé aux moteurs thermiques. Dans les 300 premiers mètres depuis la côte, là où les bateaux naviguent le plus lentement, les concentrations se sont révélées parfois très élevées.

Les données indiquent que certains bateaux de plaisance peuvent, dans ces conditions, émettre jusqu’à trente fois plus de polluants qu’un véhicule classé Crit’Air 1. Ces chiffres, s’ils concernent des situations spécifiques, suffisent à interroger sur l’impact de la plaisance motorisée sur la qualité de l’air et le bien-être en bord de mer.

Vers une navigation plus douce : l’option électrique

Face à ces résultats, la question d’une alternative se pose. Les bateaux équipés de moteurs électriques apparaissent comme une réponse possible. Plus silencieux, sans fumée ni odeur, ces moteurs séduisent de plus en plus d’usagers sensibles à l’environnement et au confort de navigation.

Certes, l’autonomie de ces moteurs reste plus limitée que celle des moteurs thermiques classiques, mais pour des sorties courtes, en baie ou en rade, ils s’avèrent parfaitement adaptés. En prime, ils réduisent fortement le bruit, ce qui peut transformer radicalement l’expérience à bord et limiter les perturbations pour les espèces marines.

L’hybride, une solution intermédiaire

Pour les utilisateurs souhaitant garder une autonomie plus importante sans renoncer à une démarche responsable, les motorisations hybrides offrent un bon compromis. Déjà testées à Marseille, ces installations combinent propulsion électrique en zone côtière et thermique pour les trajets plus longs.

Ce type de motorisation commence à séduire certains propriétaires, notamment ceux qui souhaitent moderniser leur bateau sans en changer. Le principe rappelle celui des voitures hybrides : utiliser le moteur électrique dès que possible, tout en conservant une réserve thermique si nécessaire.

Un secteur en mouvement

La plaisance est un secteur encore peu réglementé sur le plan environnemental, comparé à l’automobile ou au transport maritime commercial. Mais les choses pourraient évoluer. Des associations de navigateurs, des fédérations nautiques et des collectivités locales réfléchissent à la mise en place de règles plus claires, voire d’incitations à la conversion électrique.

Certaines entreprises, comme Ozo dans le Sud de la France, se sont d’ores et déjà spécialisées dans la conversion de moteurs classiques en propulsion électrique. Ces systèmes de « retrofit » permettent à des bateaux anciens de bénéficier d’une nouvelle vie, plus propre et plus silencieuse.

Un loisir en quête de modernité

Aujourd’hui, la navigation de plaisance évolue. Si les moteurs thermiques ont longtemps été la norme, les habitudes changent lentement. Les plaisanciers s’interrogent de plus en plus sur leur impact, surtout lorsqu’ils naviguent dans des zones protégées ou fréquentées par d’autres usagers.

Les bateaux électriques ne sont plus réservés à une élite technophile : ils deviennent accessibles, fiables, et certains modèles traditionnels sont même restaurés avec des technologies de pointe. Cela permet de concilier plaisir en mer et respect de l’environnement, sans pour autant sacrifier la performance ou l’autonomie.

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