Le 29 décembre 2025, l’ANSM a pris la parole pour réaffirmer un principe fondamental de santé publique : l’homéopathie ne protège pas contre la grippe et ne remplace pas un vaccin. Cette précision, répétée d’année en année, interroge pourtant. Comment expliquer qu’en 2025, une agence sanitaire doive encore défendre les bases de la médecine fondée sur les preuves face à une tendance antivax persistante et parfois revendiquée.
Homéopathie, grippe et vaccin : ce que dit officiellement l’ANSM
L’agence explique que l’homéopathie peut être utilisée, de manière traditionnelle, pour accompagner certains symptômes bénins. Toutefois, et c’est un point central, elle insiste sur le fait que ces médicaments ne sont « ni autorisés ni efficaces » pour prévenir la grippe, selon la communication officielle de l’ANSM. Ainsi, malgré leur popularité, ces produits ne disposent d’aucune preuve scientifique démontrant une protection contre le virus grippal.
L’ANSM va plus loin en évoquant une notion lourde de sens en santé publique : la perte de chance. Substituer un vaccin par de l’homéopathie expose les patients à un risque évitable, en particulier les personnes âgées ou souffrant de pathologies chroniques. Cette alerte s’appuie sur des données épidémiologiques solides, rappelant que la vaccination demeure le seul outil ayant démontré une efficacité préventive contre la grippe.
Pourquoi l’homéopathie séduit encore malgré l’absence d’efficacité prouvée
Cependant, la question demeure : pourquoi l’homéopathie conserve-t-elle une telle audience ? D’un côté, ces médicaments bénéficient d’une image de douceur, associée à une approche perçue comme plus « naturelle ». De l’autre, la défiance envers le vaccin s’est accentuée ces dernières années, alimentée par des discours antivax très actifs sur le terrain médiatique. Dans ce contexte, la parole scientifique peine parfois à s’imposer.
Or, le rappel de l’agence intervient dans un climat marqué par des chiffres préoccupants. Environ 17 500 décès liés à la grippe ont été recensés lors de la saison précédente, souligne Pourquoi Docteur. Ce bilan souligne, de manière brutale, que refuser le vaccin au profit de l’homéopathie n’est pas un choix anodin, mais bien une décision aux conséquences potentiellement graves.
2025 : l’ANSM face à la persistance de la défiance antivax
Enfin, cette prise de parole soulève une interrogation plus large. En 2025, pourquoi l’ANSM doit-elle encore rappeler que l’homéopathie n’est pas un vaccin ? La répétition du message traduit une réalité inquiétante : une partie de la population remet en cause les fondements mêmes de la santé publique. Les campagnes vaccinales, pourtant appuyées par des décennies de données scientifiques, se heurtent à une méfiance durable, nourrie par des discours simplificateurs et parfois complotistes.
Dès lors, la mise en garde de l’ANSM prend une dimension presque politique. Elle ne se limite plus à une précision réglementaire sur un médicament, mais devient un acte de défense de la science face à l’émotion et à la désinformation. En rappelant que cinq vaccins contre la grippe sont disponibles et évalués en France, l’agence tente de réaffirmer un socle rationnel dans un débat devenu idéologique. Une démarche nécessaire, mais révélatrice d’un malaise profond dans notre rapport collectif à la science et à la prévention.








