Le 17 juillet 2025, François Bayrou a présenté les grandes orientations du budget 2026. Dans la foulée, un sondage Odoxa pour Le Figaro et Backbone Consulting révèle une réaction sans appel : 87 % des Français pensent que ces mesures nuiront à leur pouvoir d’achat.
Pouvoir d’achat : des mesures perçues comme injustes et inefficaces
La suppression de jours fériés, la réduction du nombre de fonctionnaires, le gel de certaines aides sociales ou encore le doublement de la franchise médicale figurent parmi les propositions les plus impopulaires. Le sondage met en évidence une opposition claire :
- 74 % rejettent les coupes dans la santé,
- 73 % refusent de perdre des jours fériés,
- 66 % s’opposent à la baisse des effectifs publics.
Les Français redoutent un recul supplémentaire de leur pouvoir d’achat, déjà mis à mal par la hausse des prix et une fiscalité jugée excessive.
Un sentiment d’inégalité face aux efforts budgétaires
L’un des enseignements majeurs de ce sondage est la perception d’un manque d’équité. 72 % estiment que les efforts budgétaires ne sont pas équitablement répartis. La majorité considère que les classes moyennes et populaires sont davantage mises à contribution que les catégories les plus aisées.
Pour protéger leur pouvoir d’achat, 80 % des sondés préféreraient un gel global des dépenses publiques, tandis que 79 % demandent une contribution exceptionnelle des plus riches.
Un pouvoir d’achat en déclin dans un contexte économique tendu
Le rejet de ces mesures s’explique aussi par un contexte difficile : près de 4 foyers sur 10 sont à découvert à la mi-mois, selon les dernières données économiques. Dans ce climat de fragilité financière, toute mesure perçue comme un nouveau prélèvement alimente la défiance.
La France figure déjà parmi les pays les plus fiscalisés au monde, selon l’OCDE. Or, les Français disent ne plus percevoir les retours attendus en matière de santé, d’éducation ou de sécurité, renforçant l’impression d’un affaiblissement durable de leur pouvoir d’achat.
Un impact politique direct lié à la question du pouvoir d’achat
Au-delà des aspects économiques, ce rejet massif a des répercussions politiques. 44 % des Français se disent favorables à une dissolution de l’Assemblée nationale, et 59 % souhaitent un changement de Premier ministre, selon un sondage commandé par RTL.
La popularité de François Bayrou s’en trouve fortement dégradée : seuls 20 % des sondés lui accordent encore leur confiance. Une conséquence directe du ressentiment face à la dégradation du pouvoir d’achat et à l’absence perçue d’alternatives viables. Ainsi, les annonces de François Bayrou semble signer, sinon la fin de son mandat, du moins la fin de sa crédibilité. Celui qui a été présenté comme une figure de consensus et qui a fait des pieds et des mains pour entrer à Matignon rassemble finalement contre lui, et surtout contre des politiques qui ont fait la preuve de leur inefficacité, pire, de leur contre-productivité.
Une inquiétude qui transcende les clivages politiques
Le rejet du projet de François Bayrou n’est pas cantonné à un camp idéologique. Le sondage Odoxa révèle que l’inquiétude sur le pouvoir d’achat est largement partagée, quel que soit le vote aux dernières élections. Parmi les électeurs ayant voté pour la majorité présidentielle, 66 % redoutent un impact négatif sur leur situation financière. Ce chiffre grimpe à 92 % chez les électeurs du Rassemblement national, et atteint 95 % chez les sympathisants de La France insoumise.
Cette convergence rare traduit un malaise transpartisan. Même parmi les catégories traditionnellement moins exposées à la précarité, comme les cadres supérieurs ou les retraités, la méfiance reste majoritaire. Le pouvoir d’achat, plus qu’un thème économique, devient ici un marqueur d’unité dans le rejet des politiques publiques actuelles.
Cette enquête confirme que le pouvoir d’achat reste la principale préoccupation des Français. Le budget 2026, dans sa version actuelle, n’apporte ni réponse claire ni soulagement tangible. La défiance exprimée est donc autant économique que politique, et pourrait peser lourdement sur les mois à venir.







