Précarité : un étudiant sur trois saute des repas

Le baromètre Ifop-Cop1 2025 sur la précarité étudiante dresse un tableau précis et préoccupant de la vie des étudiants en France. Derrière une légère baisse du recours à l’aide alimentaire, les difficultés persistent : repas sautés, renoncements d’orientation, solitude croissante, santé mentale fragilisée, précarité menstruelle.

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Le prix de la vie étudiante encore en augmentation
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La troisième édition du baromètre Cop1-Ifop, rendue publique le 29 septembre, met en lumière l’ampleur de la précarité qui touche une partie significative de la jeunesse universitaire. Si certains indicateurs affichent une amélioration marginale par rapport à 2024, l’étude souligne que les conditions de vie restent dégradées. L’étudiant français doit encore arbitrer entre alimentation, logement, réussite académique et santé.

Alimentation : une insécurité persistante malgré un léger recul

Le premier enseignement du baromètre concerne l’alimentation. En 2025, 34 % des étudiants déclarent sauter des repas par manque de moyens. Ce chiffre, légèrement inférieur à 2024 (36 %), demeure supérieur à celui observé dans l’ensemble de la population française (29 %). De même, 16 % des étudiants ont eu recours à l’aide alimentaire cette année, contre 20 % en 2024.

L’étude montre cependant que ces privations quotidiennes pèsent sur la réussite académique. Chez les étudiants bénéficiant d’une aide alimentaire, le taux de redoublement atteint 32 %, alors qu’il n’est que de 17 % parmi ceux qui n’y ont pas recours.

Orientation académique : des choix contraints par la précarité

Le baromètre met également en lumière l’impact de la précarité sur les choix d’orientation. En 2025, 30 % des étudiants affirment avoir renoncé à intégrer l’établissement souhaité en raison de contraintes financières. Par ailleurs, 27 % déclarent avoir modifié leur orientation initiale pour des raisons économiques, et 22 % envisagent d’abréger la durée de leurs études.

Ces données révèlent que les contraintes budgétaires déterminent directement l’accès aux filières et influencent les choix de carrière. L’inégalité ne se joue donc pas seulement à la sortie du diplôme, mais bien dès le moment de choisir une formation. La précarité agit ici comme un facteur de reproduction sociale, enfermant certains étudiants dans des parcours par défaut plutôt que dans ceux correspondant à leurs ambitions académiques.

Santé mentale : solitude et mal-être généralisés

L’Ifop souligne une détérioration préoccupante du bien-être psychologique. En 2025, 66 % des étudiants disent ressentir principalement des émotions négatives. De plus, 34 % déclarent se sentir seuls, un taux presque deux fois supérieur à celui observé dans la population générale (19 %).

Le dispositif Santé Psy Étudiant, lancé pour répondre à ces difficultés, est encore trop peu mobilisé. Seuls 35 % des étudiants en détresse y ont eu recours, et 41 % des non-utilisateurs disent ignorer son existence. Cette méconnaissance limite l’efficacité du programme et laisse une majorité de jeunes sans soutien psychologique adapté.

Inégalités de genre : précarité menstruelle et renoncements aux soins

Les étudiantes sont confrontées à des difficultés spécifiques. Le baromètre révèle que 23 % d’entre elles vivent une situation de précarité menstruelle, proportion qui grimpe à 40 % chez les bénéficiaires de Cop1. Par ailleurs, 42 % des étudiantes déclarent avoir renoncé à des soins gynécologiques en raison de contraintes financières.

Ces chiffres soulignent une inégalité de genre persistante dans l’accès aux soins et aux produits essentiels. Ils montrent également que la précarité touche le corps et la santé des femmes, créant des obstacles supplémentaires à leur bien-être et à leur réussite académique. L’étude met ainsi en évidence une double peine : la pauvreté économique se conjugue avec une pauvreté sanitaire spécifiquement féminine.

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