Le 16 janvier 2026, lors d’une allocution à Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a détaillé les grandes lignes du Budget 2026. Parmi les mesures sociales phares figure la prime d’activité, dont l’augmentation doit soutenir l’emploi et la rémunération des actifs aux salaires modestes, dans un contexte de tensions persistantes sur le travail et le coût de la vie.
Prime d’activité : l’augmentation actée par le gouvernement dans le Budget
La prime d’activité fait l’objet d’une augmentation moyenne annoncée à 50 euros par mois. Cette décision, assumée par le gouvernement, marque un revirement par rapport aux premières orientations budgétaires. Initialement, le Budget 2026 envisageait un recentrage plus restrictif de la prime d’activité. Finalement, l’exécutif a choisi d’élargir le soutien, afin de préserver l’incitation au travail et d’améliorer la rémunération nette des salariés modestes, mais surtout d’éviter une censure sur un Budget 2026 qui est loin d’obtenir les faveurs du Parlement.
Selon Sébastien Lecornu, cette augmentation concerne « plus de trois millions de ménages », rapporte Franceinfo. Le Premier ministre a insisté sur la cohérence de la mesure avec la stratégie de l’exécutif : soutenir ceux qui travaillent, sans alourdir la fiscalité. Dans cette logique, la prime d’activité devient un outil central du Budget, pensé comme un complément de salaire ciblé et immédiat.
Cette hausse représente un coût public estimé à environ 2 milliards d’euros par an en année pleine, selon des informations relayées par Le Monde à la suite des arbitrages gouvernementaux. Le gouvernement assume cet effort financier, largement compensé par le maintien de la surtaxe sur les grandes entreprises et l’abandon de la baisse de la CVAE. La prime d’activité, créée pour encourager l’activité professionnelle, retrouve ainsi une place centrale dans la politique de rémunération.
Qui sont les bénéficiaires de la prime d’activité revalorisée
La prime d’activité s’adresse en priorité aux travailleurs percevant des revenus proches du SMIC. Avec cette augmentation, le gouvernement vise les salariés à temps plein comme à temps partiel, ainsi que certains indépendants aux revenus modestes. Les ménages monoparentaux et les couples biactifs à faibles salaires figurent parmi les principaux bénéficiaires.
Dans les faits, la prime d’activité reste conditionnée aux revenus du foyer et à la situation professionnelle. L’augmentation annoncée ne modifie pas les critères d’éligibilité, mais rehausse les montants versés. Ainsi, un salarié au SMIC pourrait percevoir plusieurs dizaines d’euros supplémentaires chaque mois, améliorant sa rémunération globale sans dépendre directement de son employeur. Pour le gouvernement, ce mécanisme limite la pression sur les entreprises, tout en soutenant le travail.
Interrogés par Le Monde le 19 janvier 2026, plusieurs représentants syndicaux ont exprimé un scepticisme prudent. Ils reconnaissent l’effet positif de la prime d’activité, tout en soulignant qu’elle ne remplace pas une hausse directe des salaires. Néanmoins, le gouvernement assume ce choix, arguant que la prime d’activité permet une redistribution rapide et ciblée, sans fragiliser la compétitivité des entreprises.








