Produits laitiers : la Chine réduit fortement ses taxes européennes

La Chine revoit sa politique commerciale et réduit fortement ses droits de douane sur les produits laitiers de l’Union européenne. Après dix-huit mois d’enquête, Pékin abaisse ses surtaxes à des niveaux trois fois inférieurs aux taux provisoires. Une décision stratégique, aux effets directs pour les exportateurs français.

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Le 12 février 2026, la Chine a officialisé la baisse de ses droits de douane sur plusieurs produits laitiers européens, au terme d’une enquête anti-subventions ouverte dix-huit mois plus tôt. Cette décision, qui entre en vigueur le 13 février pour une durée de cinq ans, marque un tournant dans les relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne, sur fond de tensions autour d’autres secteurs industriels.

Des droits de douane nettement abaissés

D’abord, la Chine a fixé ses nouveaux droits de douane à des niveaux compris entre 7,4 % et 11,7 % selon Reuters. Or, ces taux restent très inférieurs aux mesures provisoires annoncées en décembre 2025, qui pouvaient atteindre 42,7 %. Autrement dit, Pékin a réduit de près des deux tiers ses surtaxes initialement envisagées sur certains produits laitiers européens. Par conséquent, la pression tarifaire sur les exportations françaises et européennes diminue sensiblement.

Ensuite, la Chine précise que ces droits de douane s’appliqueront pendant cinq ans à compter du 13 février 2026. L’enquête visait notamment le lait non sucré, la crème, ainsi que différents fromages frais ou transformés. Ainsi, les produits laitiers les plus exportés vers le marché chinois restent concernés, mais avec un niveau de taxation désormais plus modéré. De plus, cette clarification met fin à dix-huit mois d’incertitude pour les industriels européens.

Une enquête stratégique sur les produits laitiers européens

À l’origine, la Chine avait lancé cette enquête anti-subventions dans un contexte de tensions commerciales avec l’Union européenne. En effet, Bruxelles avait décidé d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques chinois, ce qui avait tendu les relations bilatérales. Dès lors, l’ouverture d’une procédure sur les produits laitiers européens avait été perçue comme une mesure de rétorsion ciblée.

Cependant, la Chine a finalement retenu des taux bien inférieurs à ceux redoutés par les professionnels. Les associations européennes du secteur laitier avaient indiqué que Pékin avait déjà réduit ses propositions de droits de douane dans la phase finale de l’enquête. En conséquence, la décision définitive confirme un infléchissement notable de la position chinoise. Par ailleurs, l’Union européenne continue d’estimer que certaines mesures restent contestables et envisage un recours devant l’Organisation mondiale du commerce.

Volumes en jeu et impact pour la France

Sur le plan économique, les montants concernés restent significatifs. L’enquête portait sur des importations chinoises de produits laitiers d’une valeur de 506 millions de dollars en 2024, soit environ 426 millions d’euros convertis. De plus, la Chine aurait importé 589 millions de dollars de produits laitiers relevant du champ de l’enquête en 2024, soit environ 496 millions d’euros, un niveau similaire à celui de 2023, selon la même source. Ainsi, même si les flux restent modestes à l’échelle du commerce global, ils pèsent lourd pour certaines filières spécialisées.

Pour la France, fortement positionnée sur les fromages et les produits à forte valeur ajoutée, la décision de la Chine représente un soulagement. En effet, la baisse des droits de douane améliore la compétitivité des produits laitiers tricolores face aux concurrents internationaux. Néanmoins, le marché chinois demeure exigeant et sensible aux évolutions réglementaires. Par conséquent, les exportateurs devront rester vigilants, d’autant que la Chine n’exclut pas de nouvelles enquêtes sectorielles dans d’autres domaines stratégiques.

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