Consommation de café : bon ou mauvais, qu’en dit vraiment la science ?

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Une boisson incontournable, un rituel sacré, un sujet de controverses. Le café divise, mais surtout fascine. Et s’il était bien plus qu’un simple coup de fouet matinal ?

Le 31 mars 2025, la bascule vers l’heure d’été a privé les Français d’une précieuse heure de sommeil. Pour compenser cette dette nocturne, nombreux sont ceux qui se sont rués sur leur tasse de café. Ce réflexe, ancré dans notre quotidien, est-il pour autant bénéfique pour notre santé ? Réponds avec l’étude de l’European Heart Journal qui a été relayée par Expression Santé.

Café et longévité : une affaire de timing

Et si votre cœur vous remerciait de boire du café ? Mais pas n’importe quand. Une étude publiée dans l’European Heart Journal en janvier 2025, menée sur 40 725 participants par le Dr Lu Qi (Université Tulane, États-Unis), relayée par Expression Santé, révèle que la consommation de café le matin, et uniquement à ce moment-là, permettrait de réduire de 16 % le risque de mortalité toutes causes confondues, et même de 31 % pour les décès d’origine cardiovasculaire. Mieux encore, consommer son café le matin permettrait même de prolonger l’espérance de vie de près de 2 ans !

C’est peu dire que le moment de la journée fait toute la différence. En effet, chez les buveurs éparpillés, ceux qui s’enfilent leur café tout au long de la journée, aucun effet protecteur n’a été observé. Rien. Nada. Comme le précise l’article de Santélog publié le 9 janvier 2025 : « Ce n’est pas seulement le fait de boire du café ou la quantité consommée, mais le moment de la consommation qui est important dans cet effet bénéfique du café. »

Alors pourquoi le matin ? Parce que c’est à ce moment précis que le corps active son système nerveux sympathique, que le cortisol grimpe et que la caféine, bien synchronisée, joue son rôle sans détraquer l’horloge biologique. Le professeur Thomas F. Lüscher, dans les colonnes de Sciencepost le 17 janvier 2025, l’explique : « Consommer du café pendant cette période de pic [matinale] pourrait alors mieux synchroniser ses effets stimulants avec les besoins biologiques du corps. »

Du cerveau aux cellules : ce que la caféine enclenche

Le café n’est pas seulement la boisson préférée des Français : c’est un véritable modulateur neuronal. Dix minutes à peine après ingestion, la caféine franchit la barrière hémato-encéphalique et neutralise l’adénosine, cette molécule soporifique responsable de la sensation de fatigue. Résultat : réactivité accrue, concentration renforcée, mémoire de travail stimulée, vigilance affûtée.

Mais les bénéfices ne s’arrêtent pas là. L’article de Brâam du 26 juillet 2023 revient sur une réalité peu médiatisée : une consommation régulière et modérée permettrait de ralentir la dégénérescence cérébrale, avec un effet possible contre les maladies neurodégénératives, dont Alzheimer. On y lit : « Une consommation régulière et modérée de café permet de préserver le cerveau des inflammations et de ralentir la détérioration des cellules cérébrales associées à la mémoire. »

Le café est donc bien plus qu’un stimulant : c’est un bouclier physiologique et un stabilisateur cognitif, à condition – comme évoqué plus haut – de respecter les bonnes doses et, surtout, le moment de consommation recommandé.

De la digestion au côlon

Nombreux sont ceux qui ne boivent pas de café – par goût, certes, mais aussi en raison de brûlures d’estomac ou d’une sensation d’irritation gastrique. Pourtant, une fois arrivé dans l’estomac, que provoque réellement le café ? Il active le transit intestinal, stimule la sécrétion d’acide gastrique, agit comme diurétique et facilite l’assimilation des nutriments.

Mais ce sont surtout les polyphénols, l’acide chlorogénique et le kahwéol qu’il contient qui font toute la différence. Comme l’indique Santé Matin dans un article publié le 19 mars 2025, à l’occasion de la campagne Mars Bleu : « Avaler quatre tasses de café par jour réduirait de 32 % le risque de développer un cancer colorectal. » Les conclusions de l’étude néerlandaise citée par nos confrères, parue dans l’International Journal of Cancer et relayée, elle aussi, par Expression Santé, sont claires : ces molécules présentes dans le café auraient des effets anti-prolifératifs sur les cellules cancéreuses, et favoriseraient même leur autodestruction.

Mais ne nous racontons pas d’histoires : le café n’est pas une potion magique, il ne remplace ni le dépistage, ni une bonne hygiène de vie. Expression Santé n’a d’ailleurs pas manqué de le rappeler dans le cadre de ses nombreuses campagnes, notamment celle menée pendant Mars Bleu : la détection préventive reste le levier fondamental contre le cancer colorectal, l’un des plus meurtriers en France. Et ce, alors même qu’il affiche l’un des taux de guérison les plus élevés lorsqu’il est pris à temps.

Quelle est donc la consommation idéale ?

Néanmoins, tous ces bienfaits ne tiennent qu’à un fil. Un excès ou une mauvaise synchronisation, et le café devient contre-productif. L’étude relayée par Medscape le 1er avril 2025 est sans appel : « Le risque n’a pas été réduit pour les buveurs de café tout au long de la journée par rapport aux non-buveurs de café. »

Pire encore : consommé après 16 heures, il perturbe le sommeil, accélère le rythme cardiaque et augmente l’irritabilité. Alors, combien de tasses ? Et quand ? La réponse optimale se situe entre 1 et 4 tasses par jour, avant midi. Pas plus, et pas plus tard.

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