Précieux outil de diagnostic, le scanner CT (ou tomodensitométrie) fait partie intégrante de la médecine moderne. Mais une récente étude souligne l’importance de mieux encadrer son usage chez les enfants, en raison d’une sensibilité particulière à l’exposition aux rayonnements.
Un examen indispensable, à utiliser avec discernement
Le scanner CT est largement utilisé dans les hôpitaux pour explorer des zones internes du corps avec une grande précision. Il est particulièrement utile pour détecter des tumeurs, des lésions ou des anomalies structurelles. Mais cet outil performant repose sur l’utilisation de rayons X, une forme de radiation ionisante, qui implique une exposition, même modeste, à un facteur de risque reconnu.
Une étude coordonnée par des chercheurs de l’Institute of Cancer Research (ICR) de Londres, de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) et de Kaiser Permanente Washington a été publiée le 14 avril 2025 dans JAMA Internal Medicine. Elle s’est penchée sur l’impact potentiel de ces expositions à grande échelle, en s’appuyant sur des données recueillies aux États-Unis en 2023.
Une population plus vulnérable : les enfants
D’après les estimations des chercheurs, 2,5 millions d’enfants ont bénéficié d’un scanner CT aux États-Unis en 2023. En croisant les données de fréquence d’examens, de doses moyennes et de modèles de risque validés, l’équipe a projeté que ces examens pourraient être associés à près de 9 700 cas de cancers à long terme.
Ces projections ne traduisent pas un risque immédiat pour chaque patient, mais suggèrent qu’à l’échelle d’une population, une vigilance accrue est justifiée. Les jeunes enfants, en particulier les nourrissons, présentent une sensibilité accrue aux rayonnements, leurs tissus étant en développement.
La radiologue Malini Mahendra, co-autrice de l’étude, précise : « Nous espérons que ces résultats permettront aux professionnels de santé de mieux informer les familles et de favoriser des discussions équilibrées sur les avantages et les risques des scanners chez les enfants ».
Des pratiques qui peuvent évoluer
L’étude souligne que dans de nombreux cas, l’usage des CT scans est parfaitement justifié et contribue à une prise en charge efficace. Toutefois, certains examens réalisés dans des contextes bénins – comme des céphalées sans signes d’alerte ou des infections respiratoires hautes – pourraient ne pas apporter d’information clinique déterminante. La docteure Rebecca Smith-Bindman, professeure à l’UCSF, suggère deux leviers d’amélioration : « Réduire le nombre de scanners à faible valeur diagnostique et mieux adapter les doses de radiation à chaque patient ».
En pratique, cela implique un encadrement plus rigoureux de l’indication de chaque scanner, ainsi qu’une standardisation des protocoles de dosage. Les hôpitaux peuvent s’appuyer sur des guides existants et des technologies de réduction de dose, qui permettent d’optimiser l’examen sans perdre en qualité d’image. Le professeur Amy Berrington, épidémiologiste à l’ICR, insiste : « Chez l’enfant, l’évaluation du rapport bénéfice/risque est particulièrement importante. Il s’agit de maintenir l’accès aux meilleurs outils diagnostiques tout en limitant les expositions inutiles ».
L’étude rappelle que le risque individuel reste faible. Le scanner CT demeure un outil majeur en médecine d’urgence comme en suivi spécialisé. L’objectif n’est pas de restreindre son usage, mais de s’assurer qu’il s’intègre dans une démarche clinique raisonnée, adaptée à chaque situation.








