En 2025, un Français sur deux achète d’occasion. Un changement ? Non, une bascule. Économie, écologie, valeurs : la seconde main coche toutes les cases d’un nouveau modèle.
Prix qui flambent, urgence climatique, discount à outrance… Les choix de consommation n’ont jamais été aussi scrutés. Et pourtant, une solution discrète progresse à grands pas.
Le discount séduit… mais ne convainc pas toujours
Les chiffres sont implacables : 62 % des Français affirment ne pas pouvoir acheter autant qu’ils le souhaitent, selon Viavoice. Pourtant, consommer reste une recherche d’équilibre. Faire des économies, se faire plaisir, agir pour la planète : ces trois leviers dominent désormais chaque acte d’achat.
Face à des prix en hausse constante et un climat anxiogène, 84 % cherchent avant tout à faire une bonne affaire, tandis que 80 % préfèrent acheter moins mais mieux. La priorité donnée aux produits durables n’est plus marginale : 71 % privilégient des biens respectueux de l’environnement. Et pour 66 %, la consommation reste aussi une manière de se récompenser.
Shein, Temu, et consorts ont bouleversé les usages. En 2025, plus de 10,8 millions de colis en provenance de Chine débarquent chaque jour dans l’Hexagone. Le chiffre a triplé en trois ans. Les plateformes de discount ultra-agressif tirent parti d’un régime fiscal avantageux et d’une logistique bien huilée.
Mais ce succès n’est pas exempt de malaise. Selon l’étude Viavoice, 50 % des Français achètent sur ces plateformes, mais seulement 13 % en tirent un plaisir réel. Pire, un consommateur sur trois déclare céder au discount par contrainte financière, et non par choix.
Si les produits en solde restent un repère sécurisant, 43 % les jugent gage de qualité, 58 % les voient comme une opportunité, le modèle du neuf soldé s’essouffle. Les marques, elles, répondent par une multiplication des promotions. Mais cette fuite en avant convainc de moins en moins.
Seconde main : une alternative crédible et assumée
Dans ce climat, la seconde main s’impose comme une voie médiane. Près d’un Français sur deux déclare aimer acheter d’occasion. Le profil type ? Des femmes (58 %), des jeunes (30 % des moins de 35 ans), des familles (49 % de parents), mais aussi… les foyers les plus aisés comme les plus modestes.
Les motivations sont doubles. D’abord économiques : 59 % citent le gain financier. Ensuite écologiques : 75 % estiment que ce mode de consommation est meilleur pour l’environnement, loin devant le neuf en solde (41 %) et le discount (31 %). Pour 68 %, il stimule aussi l’économie locale.
Ce qui change ? Le rapport affectif. 41 % des acheteurs d’occasion déclarent ressentir de la fierté à consommer ainsi. Chez les moins de 35 ans, près d’un sur deux (49 %) s’y retrouve pleinement dans ses convictions.
70 % des Français affirment vouloir consommer davantage de seconde main dans les années à venir. Mais vouloir ne suffit pas. Le changement d’échelle suppose d’enlever les derniers freins.
Parmi les obstacles les plus cités : qualité incertaine (44 %), absence de garantie (40 %), impossibilité de retour (35 %), crainte sur l’hygiène (33 %). Autant de freins que les plateformes cherchent à lever. Les neuf membres du Collectif des Solutions Circulaires proposent déjà des produits garantis, des services après-vente, une logistique fluide et des prix accessibles.
Les attentes ne s’arrêtent pas là. 89 % des Français demandent aux marques de mieux informer sur l’impact écologique de leurs produits. 73 % veulent des incitations fiscales pour favoriser la seconde main, et 72 % plébiscitent une taxation des géants du discount.
Une proposition de loi est en cours d’adoption. Mais pour les acteurs de la seconde main, cela ne suffit pas. Ils appellent à des mesures fortes : TVA réduite, encadrement des budgets publicitaires des géants du low cost, mise en avant des circuits courts.









