Le compte à rebours a commencé : si aucun financement n’est débloqué d’ici 2028, plusieurs milliers de kilomètres de lignes ferroviaires françaises pourraient devenir inexploitables. Pour les voyageurs, cela se traduirait par des retards massifs, des suppressions de dessertes régionales, et un effondrement du service. La SNCF tire la sonnette d’alarme et dévoile ses propositions pour éviter la catastrophe.
4 000 kilomètres dès 2028
Derrière les intentions budgétaires affichées par l’État, un constat froid s’impose : le réseau ferroviaire français s’affaiblit, vite, très vite. Dans une contribution écrite rendue publique par Les Échos le 14 mai 2025, la SNCF alerte les experts réunis dans le cadre de la conférence nationale « Ambition France Transports ». Le document évoque 4 000 kilomètres de lignes susceptibles de se détériorer dès 2028 en l’absence d’un financement adéquat. À la clé, des perturbations massives pour environ 2 000 trains quotidiens, touchant autant les dessertes régionales que les axes interurbains.
Et l’horizon est encore plus sombre si rien ne bouge : la compagnie ferroviaire estime que jusqu’à 10 000 kilomètrespourraient devenir inexploitables dans les dix prochaines années. Ce scénario ne se limite pas à quelques territoires isolés : il concerne toutes les régions, et menace l’existence même de nombreuses liaisons TER, accentuant l’isolement des zones peu denses. À mesure que les voies se dégradent, c’est la régularité du service, l’accessibilité des territoires et la crédibilité de la SNCF qui vacillent.
La SNCF cherche un milliard d’euros supplémentaires par an
La SNCF estime qu’il manque au minimum un milliard d’euros supplémentaires par an à partir de 2028 pour enrayer cette spirale. L’État a promis de porter son effort à 4,5 milliards d’euros par an, mais ce montant est jugé insuffisant par les ingénieurs de l’entreprise : il permettrait tout juste de maintenir à flot les infrastructures les plus critiques, sans modernisation structurelle.
Pour éviter de sombrer, la compagnie a formulé trois propositions concrètes. D’abord, intégrer un financement du rail dans la prochaine génération de concessions autoroutières, en faisant contribuer les poids lourds via une taxe dédiée. Ensuite, détourner une partie des revenus issus du futur système européen des quotas carbone, dont la France pourrait capter plusieurs milliards par an à partir de 2028. Enfin, ouvrir le mécanisme des certificats d’économie d’énergie aux projets ferroviaires, jusqu’ici largement exclus du dispositif.
Ces pistes ont un point commun : elles n’impliquent pas d’augmenter les dépenses budgétaires immédiates de l’État, tout en sécurisant des ressources pérennes. Reste à savoir si ces pistes seront prises au sérieux. Car sans décision politique rapide, c’est le confort des voyageurs, la stabilité du prix des billets, la qualité du service et l’ambition d’une mobilité décarbonée qui risquent d’être sacrifiés sur l’autel de l’inaction.









Je propose d’arrêter de donner des primes toujours plus importantes aux cheminots qui font gréve pour un oui ou un non.
Qu’un moratoire soit fait sur les lignes LGV qui, de toutes façons, n’apportent que de la racaille et des bobos parisiens aux régions qu’elles desservent. Voyez ce qu’est devenu Bordeaux depuis la mise en service de la LGV, mais ça, personne n’en parle.
C’est à la SNCF de payer pour l’entretien du réseau et puisqu’ils font des bénéfices, qu’ils les utilisent au lieu de gaver les grévistes.