En France, l’année 2025 marque un nouvel épisode dans la remontée du surendettement observée depuis l’été 2023, avec 148 013 dossiers déposés, soit +9,8 % sur un an, selon la Banque de France dans « L’essentiel du surendettement en 2025 ». Cette hausse globale s’accompagne d’un signal spécifique : la part des 18-29 ans parmi les personnes surendettées augmente nettement.
Surendettement : le nombre de dossiers continue d’augmenter
La Banque de France enregistre 148 013 dépôts de dossiers en 2025 en France, soit une progression de 9,8 % par rapport à 2024. Elle souligne toutefois que le niveau reste « très inférieur au niveau d’il y a dix ans », avec un recul de 32 % par rapport à 2015. La part estimée des personnes qui sollicitent la procédure pour la première fois atteint 66 % en 2025, soit un point de plus sur un an
Le surendettement demeure par ailleurs très inégalement réparti. En moyenne, la France compte 267 dépôts pour 100 000 habitants de 15 ans et plus. Les taux les plus faibles cités par la Banque de France concernent la Lozère (164), Paris (165) et la Loire-Atlantique (166). Les plus élevés se trouvent dans le Nord (425), l’Aisne (472) et le Pas-de-Calais (475).
Surendettement des jeunes : montée edes 18-29 ans dans les dossiers
La Banque de France met en avant une « progression notable des plus jeunes ». En 2025, 12 % des personnes surendettées ont entre 18 et 29 ans, en hausse de 2 % sur un an. Surtout, l’institution fournit un repère de long terme : cette part n’était que de 5 % en 2022.
Cette hausse ne signifie pas que les jeunes deviennent le groupe majoritaire des surendettés. La Banque de France rappelle qu’il s’agit majoritairement d’une population d’âge actif : 84 % ont entre 25 et 64 ans. Mais la progression des 18-29 ans modifie la lecture du phénomène. Elle suggère que l’entrée dans le surendettement peut se produire plus tôt, parfois avant la stabilisation d’une carrière, d’un logement et d’un niveau de revenu.
Les ménages précaires largement représentés
Le niveau de vie médian des ménages surendettés est de 1 206 euros, soit 42 % de moins que l’ensemble de la population (2 147 euros). La part des prestations sociales dans les revenus atteint 23 % chez les surendettés, contre 5 % pour l’ensemble de la population. L’institution insiste aussi sur le fait que 62 % des surendettés vivent sous le seuil de pauvreté, en hausse de 3 points sur un an, alors que cette proportion est de 15 % dans l’ensemble de la population. Dans ces conditions, l’apparition de dossiers plus jeunes peut être l’expression d’un affaiblissement précoce des budgets, plutôt que d’un simple épisode de “mauvaise gestion”.
Sur le plan financier, l’endettement global des ménages surendettés a atteint 5 milliards d’euros en 2025, en hausse de 11,1 % sur un an, hausse que la Banque de France relie à l’augmentation du nombre de dossiers. La part des dettes à la consommation augmente de 0,8 point sur un an pour atteindre 44 % de l’endettement global. Et la proportion de dossiers comportant au moins une dette à la consommation progresse à 73,3 % (+0,5 point sur un an). Le crédit de consommation reste la cause la plus fréquente des situations de surendettement.








