Suspension de la réforme des retraites : quelques centaines de millions aujourd’hui, des centaines de milliards demain

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Sebastien Lecornu Opinion Sceptique Matignon
Suspension de la réforme des retraites : quelques centaines de millions aujourd’hui, des centaines de milliards demain © www.nlto.fr

Sur le papier, la suspension de la réforme des retraites coûterait « presque rien ». Dans la réalité, c’est une bombe à retardement budgétaire. Quelques centaines de millions maintenant… puis des milliards chaque année, pendant des décennies. Le gouvernement a acheté un peu de calme social. Mais au prix d’une facture colossale pour les actifs de demain. Mais ce n’est pas grave ce sont nos enfants qui paieront…

Un prix d’appel dérisoire

Officiellement, la pause coûte 100 millions l’an prochain et 1,4 milliard en 2027. Présenté comme ça, on respire : l’État s’offre une accalmie sociale pour le prix d’un rond-point rénové et deux hôpitaux moyens. On pourrait presque applaudir : apaiser pour pas cher, qui dit mieux ? Sauf que les experts indépendants ne vivent pas dans PowerPoint. Le Conseil d’orientation des retraites prévoit déjà 6 à 7 milliards d’euros de déficit par an dans les années 2030. Et ce trou s’élargit mécaniquement avec le vieillissement du pays. Autrement dit : on ne partait déjà pas de très haut. La Cour des comptes le dit sans détour : bloquer l’âge ou la durée de cotisation, même d’un an, coûte plusieurs milliards d’euros par an dès le milieu de la prochaine décennie. Pas des millions. Pas « un petit effort ». Des milliards. Chaque année. Ce que l’on ne fait pas aujourd’hui, on le paye demain mais démultiplié.

La facture réelle : vertigineuse

Additionnons simplement ces pertes annuelles dans le temps.
Sur dix ans : des dizaines de milliards.
Sur vingt ans : plus de cent milliards.
Sur trente ans : plusieurs centaines de milliards.

Pas besoin d’être économiste : à ce niveau, ce n’est plus une facture, c’est une hypothèque sur le futur. Voici la vérité nue :

  • La suspension n’est pas « gratuite ».
  • Elle n’est même pas « modérée ».
  • C’est un transfert massif du présent vers l’avenir.

Les retraités actuels conservent leurs avantages.
Les actifs de demain paieront la note dans leurs cotisations, leurs impôts ou la baisse de leurs futures pensions.

En résumé : on achète la paix sociale d’aujourd’hui avec la retraite de ceux qui n’ont pas encore 40 ans.

Pour en savoir plus

Voici les sources utilisées pour cet article, afin de permettre au lecteur d’aller vérifier les chiffres et comprendre les projections :

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