Suspension de la réforme des retraites : un surcoût budgétaire de taille en 2026-2027

L’élargissement de la suspension de la réforme des retraites — décidé lors de l’amendement gouvernemental le 12 novembre 2025 — fera peser un surcoût de 200 millions d’euros en 2026 puis 500 millions en 2027 sur les comptes publics.

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Suspension de la réforme des retraites : un surcoût budgétaire de taille en 2026-2027
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Le mercredi 12 novembre 2025, le gouvernement a déposé un amendement visant à suspendre temporairement la réforme des retraites, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Celui-ci prévoit de geler l’âge de départ à la retraite, de maintenir la durée de cotisation et d’élargir la mesure à des publics jusqu’alors exclus. Cette mesure, tout en répondant à des enjeux sociaux et politiques, entraine une facture importante pour les finances publiques.

Un coût chiffré et assumé de la suspension des retraites

L’amendement indique que l’élargissement de la suspension de la réforme des retraites coûtera 200 millions d’euros en 2026, selon les chiffres relayés par Boursorama. Pour 2027, le montant annoncé atteindrait 500 millions d’euros. Selon ce même article, « l’élargissement sera financé par la hausse de la CSG sur les revenus du capital », a déclaré le ministre du Travail Jean‑Pierre Farandou. Cet ajout budgétaire s’insère dans un contexte où l’équilibre des comptes sociaux est déjà fragilisé.

Le périmètre élargi de la suspension : une concession politique

L’amendement ne se limite pas à la réforme initiale : il étend la suspension aux carrières longues, aux catégories « actives et super-actives » de la fonction publique — pompiers, contrôleurs aériens, égoutiers — ainsi qu’aux personnes nées au cours du premier trimestre 1965.
Le ministre a justifié : « Cette suspension de la réforme des retraites, clairement, c’est d’abord un acte de stabilité politique », rapporte TF1 INFO.

Concrètement, la génération née en 1964 verrait un âge de départ à 62 ans et 9 mois au lieu des 63 ans prévus, selon les textes de l’amendement.
Ainsi, au-delà du simple gel, il s’agit d’un dispositif politique visant à répondre à des demandes parlementaires, tout en assumant un coût budgétaire non négligeable.

Les implications économiques : défis et équilibres à maintenir

La mesure pèse directement sur les retraites et l’équilibre des comptes sociaux : moins de cotisations, des départs plus précoces, des pensions versées plus tôt. Le surcoût annoncé pèse sur un régime déjà en déficit.

En parallèle, le financement prévu via la hausse de la CSG sur les revenus du capital (1,4 point supplémentaire selon le ministre) pose la question de l’acceptabilité politique et sociale.

Pour 2026, un supplément de 200 millions d’euros reste modéré dans l’absolu mais inscrit déjà une trajectoire de dérive ; pour 2027, 500 millions d’euros marquent un saut significatif. Cette dynamique interroge la capacité du système à absorber de tels « coûts de concession ».

Enfin, la mesure s’inscrit dans une période où la réduction du déficit public est un objectif affiché — par exemple, le gouverneur de la Banque de France demandait un déficit « maximum 4,8 % en 2026 ». 

En conclusion (sans conclusion formelle), cette suspension élargie de la réforme des retraites met en lumière un arbitrage politique fort — qui trouve un coût direct, assume une perte de recettes et une dépense accrue — et pose la question de la soutenabilité budgétaire dans les années à venir.

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