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Les cadres préfèrent-ils travailler en banlieue ?







12 Mai 2014

« Les cadres préfèrent un bureau dans le 9-3 plutôt qu'à Neuilly ? C'est le résultat étonnant d'un sondage publié ce vendredi. » C’est Le Parisien qui l’écrit précisant que « Les cadres travaillant en Seine-Saint-Denis sont 77% à se déclarer satisfaits de leurs bureaux, une proportion plus élevée que dans les Hauts-de-Seine (73%) ou le Val-de-Marne (72%). Inattendu, le 93 détrône La Défense, Neuilly, Levallois et la couronne sud de Paris où les taux de satisfaction sont inférieurs à 70%. »


Les cadres préfèrent-ils travailler en banlieue ?
La Seine-Saint Denis attire de nombreuses entreprises et la liste s’allonge d’années en années : Nokia, L’Oréal, SFR, Orange, Arcelor Mittal... Depuis 2013, la SNCF a de son côté transféré son siège social à La Plaine-Saint-Denis et d’ici 2015, ce sont près de 8 000 salariés qui devraient être regroupés en plusieurs étapes sur ce site.
 
Pourtant en 2011, on pouvait lire dans Le Figaro  : « Les salariés d'Orange Business Services (la filiale de France Télécom dédiée aux entreprises) font grise mine. Rien ne va plus depuis qu'ils ont quitté le XIII e arrondissement pour venir s'installer en mars 2010 à Orange Stadium, leur nouveau siège flambant neuf à Saint-Denis. »  En cause, « les problèmes d'insécurité aux abords du bâtiment : vols à la portière, vols à la tire quand ils traversent l'esplanade pour aller rejoindre le RER D ou la ligne 13 du métro, vitres de voiture fracturées dans les parkings…»
 
Une cohabitation difficile avec une population qui vit dans un département frappé par le chômage (13,1% en 2013), et la vitalité de ces entreprises profite peu à l’emploi local. D’autant plus que ces entreprises vivent en vase clos, comme SFR, qualifiée de « forteresse » par Le Monde et qui propose dans ses locaux « Deux restaurants d'entreprise, une brasserie, une boulangerie, une boutique multiservices avec pressing, cordonnerie, salon de beauté, billetterie et panier bio... » Et le quotidien de conclure « Rien ne semble avoir été oublié pour rendre désirable cette installation dans le 93 ».
 
Malgré tout, les situations changent. Adel Aïssou, énarque, ancien de la Marche des beurs de 1983, et aujourd’hui Directeur général du groupe de travail temporaire Ranstad, déclare à Direct Matin « il faut laisser le temps aux entreprises de "créer un véritable tissu économique", et le quotidien de constater que « Son groupe a été l'un des premiers à s'installer il y a dix ans autour du Stade de France, et aujourd'hui, "la greffe a pris" dans l'une des zones les plus dynamiques du département : désormais, deux salariés du siège sur trois habitent dans des départements de la banlieue nord de Paris, et un sur cinq en Seine-Saint-Denis. »