Impôts locaux : pourquoi la taxe foncière continue d’augmenter

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En 2024, les propriétaires ont payé en moyenne 1 082 euros de taxe foncière, selon la Direction générale des finances publiques. Un montant qui ne cesse de croître d’année en année, en raison de plusieurs mécanismes cumulés. Et 2025 ne devrait pas inverser la tendance. Bien au contraire.

Taxe foncière : une charge fiscale de plus en plus lourde

Les chiffres sont clairs : en 2024, les particuliers propriétaires ont versé 33,8 milliards d’euros au titre de la taxe foncière. Cela représente plus de 70 % des recettes totales perçues auprès des contribuables pour cet impôt local. La majorité des redevables ne possède qu’un seul bien, et leur imposition moyenne s’élève à 717 euros. Mais pour ceux qui détiennent deux logements, la facture grimpe à 1 338 euros. Et les multipropriétaires, eux, déboursent en moyenne 4 095 euros par an.
Les disparités sont marquées selon le type de bien : les maisons sont plus fortement taxées (1 072 euros en moyenne) que les appartements (851 euros). Cette tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue sous l’effet combiné des revalorisations cadastrales et des décisions locales.

La taxe foncière est calculée à partir de la « valeur locative cadastrale », c’est-à-dire le loyer théorique que le logement pourrait générer sur le marché. Ce montant est actualisé tous les ans, en fonction de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). En 2023, cette base a été revalorisée de 7,1 %, puis de 3,9 % en 2024. Pour 2025, la hausse annoncée est plus modérée : +1,7 %.
Mais cette hausse « nationale » masque une évolution plus profonde, introduite depuis le 1er janvier 2025. Désormais, la valeur locative est automatiquement ajustée selon les loyers réellement pratiqués dans chaque commune. Résultat : dans les zones où les loyers ont fortement augmenté ces dernières années, comme à Lyon, Rennes, Bordeaux ou Nice, la revalorisation dépasse parfois 6 % !

Des hausses locales qui s’additionnent

En parallèle de ces ajustements techniques, près de 18 000 communes ont décidé d’augmenter leur taux d’imposition pour 2025, selon Bercy. Si la majorité des grandes villes ont maintenu leurs taux ces deux dernières années, certaines collectivités ont choisi de les revoir à la hausse, notamment pour compenser des baisses de dotations ou financer de nouveaux projets locaux.
Dans certains cas, l’effet cumulé peut provoquer des hausses importantes. À Nantes, un couple ayant transformé son garage en bureau a vu sa taxe foncière passer de 1 280 à 1 587 euros en un an. Une augmentation de 24 %, principalement due à la modification de l’usage du bien et à l’ajustement de la valeur cadastrale.

Pour anticiper les évolutions à venir, les propriétaires peuvent consulter leur avis d’imposition foncier 2024, accessible en ligne. Ils peuvent y vérifier la valeur locative brute, le taux d’imposition communal, et les éventuelles modifications déclarées (travaux, division, changement d’usage). En cas d’erreur, une demande de rectification peut être déposée jusqu’à la fin de l’année.
Enfin, une réforme plus large de la fiscalité locale est en cours de réflexion. D’ici à 2026, les valeurs cadastrales pourraient être révisées de manière plus globale, y compris pour les biens professionnels et commerciaux.

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