•

Taxe sur les holdings : pourquoi elle pose un problème très concret

Publié le
Lecture : 2 min
Chatgpt Image 18 Janv. 2026 à 16 00 33
Crédit photo NLTO | www.nlto.fr

La taxe sur les holdings est souvent présentée comme une mesure de justice fiscale. En réalité, elle pose un problème beaucoup plus simple et beaucoup plus grave : dans de nombreux cas, elle demanderait de payer un impôt avec de l’argent qui n’existe pas. Le cœur du sujet n’est pas idéologique, il est pratique.

Une valeur élevée ne veut pas dire qu’il y a de l’argent disponible

Une holding peut valoir plusieurs millions d’euros sans avoir de trésorerie. Sa valeur correspond à ce qu’elle possède sur le papier : immeubles, parts d’entreprises, investissements de long terme. Mais ces actifs ne sont pas de l’argent liquide. On ne peut pas en vendre une petite partie facilement, ni les transformer rapidement en cash sans pertes importantes. Confondre la valeur d’un patrimoine et l’argent réellement disponible revient à croire qu’un propriétaire d’un immeuble vide peut payer ses factures simplement parce que l’immeuble a une valeur élevée.

Payer l’impôt peut devenir matériellement impossible

Lorsque la taxe arrive, les solutions sont très limitées. Les dividendes ne sont souvent pas disponibles, car les entreprises détenues n’ont pas de bénéfices distribuables ou doivent conserver leurs ressources pour fonctionner. Emprunter est difficile, car les banques prêtent sur la base de revenus, pas sur la base d’une valeur théorique. Reste alors la vente d’actifs, mais vendre sous la contrainte fiscale signifie souvent vendre au mauvais moment, avec de fortes décotes, voire ne pas trouver d’acheteur du tout. Dans certains cas, la taxe crée donc une obligation de paiement sans solution réaliste.

Un impôt déconnecté de la réalité économique

Traditionnellement, un impôt est lié à un revenu, un bénéfice ou une transaction réelle. Ici, on taxe une situation patrimoniale figée, sans lien avec la capacité à payer. Cela pousse les entrepreneurs à se défendre plutôt qu’à investir : déplacer leurs structures, fragmenter leurs actifs, éviter les investissements de long terme. Ce type de fiscalité pénalise surtout ceux qui réinvestissent durablement dans l’économie réelle. Un impôt que l’on ne peut pas payer n’est pas un impôt plus juste, c’est un impôt mal conçu, qui fragilise au lieu de produire des recettes durables.

Laisser un commentaire