Le 6 janvier 2026, un article de Fox 5 New York rappelle un calcul devenu central dans le débat : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les taxes sur les importations auraient déjà coûté près de 1 200 dollars par ménage. Or, derrière cette moyenne, il y a une mécanique simple, et pourtant brutale : la douane est payée à l’entrée, mais la taxe est, ensuite, répercutée dans les prix, et donc absorbée par la consommation, ce qui agit comme un impôt indirect sur le pouvoir d’achat.
Taxes et douane : pourquoi les ménages paient via la consommation et les prix
Les taxes douanières se glissent partout. D’abord, l’importateur règle la douane au moment du dédouanement. Ensuite, il refacture, car il doit protéger sa marge, et donc il augmente ses tarifs. Puis, le grossiste et le distributeur réajustent aussi, parce qu’ils subissent le même choc de coûts, et ainsi les prix montent en cascade. Enfin, même quand une entreprise tente d’absorber, elle réduit des promotions, ou elle dégrade la qualité, et donc la consommation paie autrement. Cette chaîne explique pourquoi les taxes ressemblent à un impôt caché : le ménage ne signe rien, pourtant son ticket de caisse grimpe, et son pouvoir d’achat recule.
Ce transfert est au cœur de l’argument politique, et il divise. Le 10 janvier 2026, Reuters rapporte que le secrétaire au Trésor Scott Bessent critique l’idée de remboursements massifs, en expliquant que des entreprises auraient déjà “passé” les taxes aux consommateurs. Autrement dit, même si l’État rendait de l’argent aux importateurs, la baisse de prix n’aurait rien d’automatique, car le marché ne fait pas marche arrière si vite, et donc la consommation ne récupère pas forcément la perte.
Taxes : le coût pour les ménages est énorme
Le 6 janvier 2026, Fox 5 New York cite des calculs attribués aux démocrates du Joint Economic Committee : la part supportée par les consommateurs atteindrait près de 159 milliards de dollars entre février et novembre 2025, soit environ 1 198 dollars par ménage. Cette estimation traduit des taxes en manque à gagner concret, et donc en pouvoir d’achat en moins. Certes, une moyenne ne dit pas tout, pourtant elle signale une réalité : plus un foyer consomme des biens importés, ou des biens dépendants d’intrants importés, plus la taxe agit comme un impôt sur sa consommation.
Le même article rappelle un autre point, et il éclaire la stratégie de communication : Donald Trump évoque l’idée d’un “dividende” financé par les taxes à l’import, avec un montant de 2 000 dollars évoqué publiquement, mais sans plan finalisé. Or, si la taxe sert à financer un chèque, le ménage peut en récupérer une partie, mais il a, d’abord, payé. C’est un circuit paradoxal : l’État prélève un impôt via la douane, puis il promet de redistribuer, et pourtant la distribution n’efface pas les hausses de prix déjà intégrées, et donc elle ne rétablit pas mécaniquement le pouvoir d’achat. Enfin, le risque est double : soit la redistribution n’arrive pas, soit elle arrive tard, et, pendant ce temps, la consommation continue de financer les taxes.
Taxes sur les intrants : l’exemple de l’aluminium, ou la taxe qui se multiplie
Le 8 janvier 2026, Reuters décrit un cas d’école : depuis que les taxes sur l’aluminium importé ont été portées à 50 % en juin, les prix américains de l’aluminium ont bondi d’environ 40 %, dépassant 5 200 dollars la tonne métrique. Or, l’aluminium entre dans l’automobile, l’aéronautique, l’emballage, et aussi la construction. Quand la douane renchérit l’intrant, le choc ne reste pas dans un entrepôt : il se diffuse dans les devis, et donc dans les prix au détail.
Reuters ajoute des éléments qui expliquent l’ampleur de l’addition, et donc la pression sur le pouvoir d’achat. Les stocks américains d’aluminium auraient chuté de 750 000 tonnes au début 2025 à moins de 300 000 tonnes, ce qui raréfie l’offre. Même quand l’argument officiel est de relocaliser, la transition prend du temps, et donc la consommation paie immédiatement, tandis que les bénéfices industriels, eux, sont hypothétiques et lents. C’est pourquoi les taxes sur les intrants sont politiquement séduisantes, mais économiquement explosives : elles gonflent les prix sur une multitude de biens, et elles fonctionnent comme un impôt en chaîne payé essentiellement par les ménages.








