208 milliards de dollars évaporés en quelques heures. Ce n’est pas un script catastrophe, c’est le bilan d’un jeudi noir déclenché par Donald Trump et ses droits de douane. En taxant le monde entier, le président américain a surtout frappé les grandes fortunes… et leur principal terrain de jeu : la Bourse.
208 milliards de dollars : le crash des géants
Le 3 avril 2025, à la suite de l’annonce de surtaxes massives sur les importations, les marchés américains ont plongé. Le Dow Jones a cédé 3,98 %, le Nasdaq 5,97 %, le S&P 500 4,84 %. En termes absolus, cela représente une perte de 2 400 milliards de dollars de capitalisation à Wall Street.
Mais ce chiffre cache une autre réalité encore plus spectaculaire : les 500 personnes les plus riches de la planète ont vu leur patrimoine reculer de 208 milliards de dollars en une seule journée selon les données de Bloomberg. Il s’agit de la quatrième plus forte dévaluation quotidienne du Bloomberg Billionaires Index depuis sa création.
Zuckerberg, Bezos, Musk : le trio des grands perdants
Le classement des pertes individuelles ressemble à une liste noire du capitalisme numérique :
- Mark Zuckerberg, patron de Meta, perd 17,9 milliards de dollars, soit 9 % de sa fortune, suite à la chute de 9 % de l’action Meta.
- Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, abandonne 15,9 milliards, conséquence directe de la plus forte chute d’Amazon depuis 2022.
- Elon Musk, patron de Tesla, lâche 11 milliards, malgré une fabrication majoritairement américaine. L’effet psychologique a suffi à faire plonger l’action de 5,5 %.
Et la liste continue :
- Tobi Lutke, PDG de Shopify, perd 1,5 milliard.
- Ernest Garcia III, CEO de Carvana, voit s’envoler 1,4 milliard.
- Bernard Arnault, symbole du luxe européen, subit une perte de 6 milliards d’euros, conséquence d’une taxe de 20 % sur les produits européens.
Une Bourse assommée par les surtaxes de Trump
Les fortunes ne s’effondrent pas seules. Elles s’effondrent avec leurs actifs. Et dans ce cas, ce sont les secteurs technologiques et de consommation qui ont été les plus touchés.
- Apple : -9,25 %, soit plus de 300 milliards de dollars partis en fumée.
- Amazon : -9 %, malgré une logistique US performante.
- Nvidia : -7,81 %, Broadcom : -10,51 %, HP : -14,74 %, Dell : -19 %.
- Nike, qui importe la majorité de ses produits d’Asie, recule de 14 %.
- TSMC, le géant des semi-conducteurs taïwanais, perd 7,6 %.
La bulle spéculative formée depuis l’élection de Trump en novembre 2024, soit une hausse de près de 18 %, a éclaté en quelques heures. La promesse de protection économique s’est transformée en sanction collective.
Le Fonds monétaire international s’inquiète de plus en plus, tout comme les banques. Kristalina Georgieva déclare : « Les droits de douane annoncés par Donald Trump posent un risque important pour l’économie mondiale ». Les banques HSBC, Deutsche Bank et Bank of America estiment que la récession mondiale d’ici fin 2025 est probable à 40 %. Pour JPMorgan, ce risque atteint même 60 %.








