Venise, souvent qualifiée de « joyau historique » et de « destination incontournable », affronte un vrai casse-tête avec le surtourisme. En effet, la cité accueille près de 30 millions de visiteurs chaque année, ce qui pèse lourdement sur son héritage et le quotidien de ses habitants. Pour tenter de régler ce souci, la mairie a décidé d’agir avec audace en mettant en place une taxe d’entrée. Cette mesure a pour but de mieux gérer l’arrivée des touristes tout en préservant la magie de cette ville mythique.
Une taxe pour réguler le tourisme
Depuis le 18 avril 2025, Venise a adopté une taxe d’entrée plus rigoureuse qui s’étale désormais sur 54 jours, principalement lors des week-ends et des grandes périodes de fréquentation, de fin avril à fin juillet. Les visiteurs doivent s’acquitter de 5 € s’ils prévoient leur venue à l’avance, et de 10 € s’ils réservent à la dernière minute. Un ticket d’entrée est ensuite exigé pour accéder à des sites emblématiques comme la place Saint-Marc. Cela dit, les clients des hôtels du centre-ville en sont dispensés puisqu’ils paient déjà une taxe de séjour.
L’idée derrière cette taxe est d’encourager les visiteurs qui ne font que passer la journée à penser à revenir pour un séjour un peu plus long. Les autorités espèrent ainsi que les touristes adoptent un comportement un peu plus respectueux envers le patrimoine local.
Le côté économique et les critiques
En 2024, cette taxe a rapporté environ 2,5 millions d’euros, permettant de financer l’entretien des infrastructures fragiles. Près de 485 000 billets ont été écoulés grâce à un système à QR code bien rodé. Malgré tout, cette initiative ne fait pas l’unanimité. Certains redoutent qu’elle ne finisse par rendre Venise trop chic, attirant surtout les touristes aux moyens financiers élevés et laissant de côté ceux avec un budget plus modeste.
Michele Zuin, l’adjoint au maire chargé des finances, a d’ailleurs admis que le coût de mise en place du système était supérieur aux recettes réalisées, mais le but reste de dégager un surplus pour alléger la facture des impôts locaux.
D’autres mesures et défis à venir
En parallèle de la taxe d’entrée, Venise a lancé d’autres actions pour protéger son patrimoine et encourager un tourisme plus responsable. Parmi ces mesures, on trouve l’interdiction des groupes de plus de 25 personnes dans les zones historiques ainsi que la promotion des visites en dehors de la haute saison. Des villes comme Barcelone ont adopté des solutions similaires pour gérer le surtourisme.
Malgré tout, Venise se trouve encore face au défi de préserver ses trésors tout en accueillant des millions de visiteurs chaque année. La taxe n’a pas encore réussi à dissiper la foule dans ses ruelles pittoresques.
Réflexions et perspectives
L’instauration de cette taxe marque un premier pas vers un modèle touristique plus durable pour Venise. Si certains y voient un moyen de renforcer le côté élitiste de la ville, elle offre aussi une belle opportunité d’apprendre à mieux gérer les comportements des visiteurs.
Pour que Venise continue de briller tout en restant accessible, il faudra que la ville continue d’innover et d’expérimenter de nouvelles solutions, afin que l’héritage vénitien puisse être apprécié par les générations futures sans perdre tout son charme unique.












