Le 5 juin 2025, une équipe de chercheurs australiens a annoncé une découverte qui pourrait bien changer la façon dont on envisage la lutte contre le VIH. Si les traitements actuels permettent de vivre longtemps avec le virus, aucun n’a jusqu’ici permis de l’éliminer complètement. Ce nouveau pas en avant, encore expérimental, ouvre une porte vers une éventuelle guérison.
Un virus tenace, mais aujourd’hui bien contrôlé
Aujourd’hui, les personnes porteuses du VIH peuvent, grâce à des médicaments antirétroviraux, mener une vie normale. Ces traitements empêchent le virus de se multiplier dans le corps et de détruire le système immunitaire. Mais ils ne le font pas disparaître : le virus reste caché dans certaines cellules du corps, où il est invisible pour les médicaments et le système immunitaire.
Cette particularité empêche, depuis plus de 40 ans, toute perspective réelle de guérison. Le sida, stade avancé de l’infection, reste donc un risque si le traitement est interrompu. Et même si le virus devient indétectable dans le sang, il est toujours là, en sommeil.
Une nouvelle méthode pour le « réveiller » et le rendre vulnérable
Ce que propose l’équipe de l’Institut Peter Doherty à Melbourne, c’est une solution pour sortir le virus de sa cachette. Grâce à une technologie utilisée pendant la pandémie de Covid-19, l’ARN messager, les chercheurs ont réussi à pousser les cellules infectées à « montrer » le virus qu’elles contiennent. En rendant ce virus visible, cette technique pourrait permettre au corps, ou à des traitements, de l’attaquer plus efficacement.
Les premiers essais, réalisés en laboratoire sur des cellules humaines, sont encourageants. Les chercheurs ont observé que le virus devenait actif, et donc repérable. C’est une étape indispensable vers un traitement qui ne ferait pas que bloquer le virus, mais qui permettrait peut-être de l’éliminer totalement.
Une technologie déjà connue… mais utilisée autrement
L’ARN messager a été au cœur des vaccins Pfizer et Moderna contre le Covid-19. Il s’agit d’un outil qui permet de donner des instructions aux cellules de notre corps pour produire une protéine spécifique. Dans le cas des vaccins, c’était une protéine du virus responsable du Covid. Dans ce nouveau traitement contre le VIH, il sert à alerter les cellules infectées pour qu’elles révèlent la présence du virus.
Ce qui rend cette technologie prometteuse, c’est qu’elle est déjà bien connue, relativement sûre, et qu’elle peut être adaptée à d’autres usages. Pour les scientifiques, cela permet d’avancer plus vite vers les essais sur des organismes vivants.
Encore loin d’un traitement disponible, mais une piste sérieuse
Il est important de préciser que cette découverte reste pour l’instant confinée aux laboratoires. Aucune étude sur l’homme n’a encore été menée. Il faudra vérifier que cette méthode fonctionne aussi dans un corps humain, sans effets indésirables, et qu’elle peut être utilisée de façon simple et sûre.
Mais cette piste s’ajoute à d’autres recherches menées depuis plusieurs années pour essayer de trouver une solution durable au VIH. Elle montre surtout que la science continue d’avancer, même sur des virus que l’on pensait impossibles à éliminer.
Un changement d’horizon pour des millions de personnes
Selon les chiffres de l’ONUSIDA, près de 39 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH. En 2023, plus de 600 000 sont décédées de maladies liées au sida. Un chiffre qui, malgré les efforts de prévention et les traitements, reste trop élevé.
L’espoir d’un traitement curatif, même lointain, est donc un message fort. Il ne s’agit pas encore d’une révolution, mais d’un pas important vers une solution plus radicale, moins contraignante et plus accessible.
À l’avenir, si cette méthode se confirme, elle pourrait changer la vie de millions de personnes en leur offrant une perspective de guérison. Et faire entrer le VIH dans l’histoire des maladies qu’on peut véritablement vaincre.








